Dialogue politique: Tout est mélangé entre Bédié et Ouattara

Violences électorales :  Dialogue de sourd entre les camps Ouattara et Bédié
Par Jean Kelly Kouassi
Publié le 23 novembre 2020 à 13:42 | mis à jour le 23 novembre 2020 à 13:42

Le dialogue entre le président Alassane Ouattara et son ainé Henri Konan Bédié, censé faire baisser la tension sociopolitique en Côte d'Ivoire, a pris du plomb dans l’aile.

Passe d'armes entre pouvoir et opposition, la sortie de Bédié qui a tout gâté

Chef de file de l’opposition, Henri Konan Bédié a décidé de suspendre sa participation au dialogue politique entamé avec le pouvoir depuis sa dernière rencontre avec le président Alassane Ouattara. « J’ai suspendu ce dialogue jusqu’à ce que nos frères soient libérés », a-t-il déclaré, vendredi dernier, faisant référence aux leaders de l’opposition, tels que Pascal Affi N’guessan et Maurice Kakou Guikahué, actuellement détenus.

«Pourquoi avoir accepté de rencontrer le Président Alassane Ouattara à l’hôtel du Golf le 11 novembre dernier, alors que Messieurs Guikahué, N’Dri Narcisse et consorts étaient déjà dans les liens de la détention, et faire aujourd’hui de l’exigence de leur libération immédiate, une condition sine qua non à la poursuite de ce dialogue?», s’interroge pour sa part Kobenan Kouassi Adjoumani.

Lors d'un point de presse, dimanche, le porte-parole du RHDP a tenu à rappeler à Henri Konan Bédié que la main tendue du président de la République, Alassane Ouattara, en vue de l’ouverture d’un dialogue « franc et sincère » avec son opposition, ne saurait être interprété comme une faiblesse « mais plutôt comme un acte de responsabilité qu'il pose dans l'intérêt supérieur de la Côte d'Ivoire et de la paix ».

Pour lui, Henri Konan Bédié doit arrêter de « de ruser avec la paix ». « Le RHDP estime que les actes posés par Messieurs Guikahué, N’Dri Narcisse et autres sont connus de tous dans le déclenchement des violences électorales, qu’il importe de poursuivre les enquêtes à leurs égards et de faire connaître à l'opinion nationale et internationale leurs niveaux de responsabilité et d'implication dans lesdites violences », déclare Adjoumani Kobenan.

Quid du 3è mandat?

Les violences survenues en Côte d'Ivoire avant, pendant et après le scrutin présidentiel controversé du 31 octobre 2020 ont fait au moins 85 morts, près de 500 blessés et d’importants dégâts matériels, selon un bilan officiel. Alassane Ouattara a été réélu à un troisième mandat au terme d’une élection boycottée par l’opposition.

En plus de demander le retrait de la candidature jugée illégale du leader du RHDP, l'opposition réclamait la réforme de la Commision électorale indépendante (CEI) et du Conseil constitutionnel; deux structures supposées inféodées au pouvoir en place. Déniant toute légitimité au président Ouattara, l’opposition a mis en place, dès le lendemain de la présidentielle, un Conseil national de transition (CNT), censé se substituer aux institutions de la République.

La mission première assignée à cet organe de transition, devrait être l’organisation d’un scrutin démocratique, transparent et apaisé. Mais cet acte qualifié de sédition, a valu l'arrestation de plusieurs leaders de l'opposition, quand d'autres ont vu leurs résidences être placées sous blocus policier. Il aura fallu la rencontre au sommet du mercredi 11 novembre entre les présidents Bédié et Alassane Ouattara, pour ramener le calme et la confiance entre pouvoir et opposition.


Les recommandations de la Communauté internationale

En vue du règlement pacifique de la crise, la communauté internationale recommande aux acteurs politiques ivoiriens de privilégier le dialogue. Dans une déclaration, vendredi dernier, la Conférence des évêques catholiques de Côte d’Ivoire, a exhorté le chef de l'Etat Alassane Ouattara et son ainé Henri Konan Bédié à poursuivre et à intensifier sur des « bases claires », le dialogue qu’ils ont eux-mêmes initié aux fins de parvenir à la concorde nationale.

Les évêques ont également souhaité que ce dialogue prenne en compte la libération de tous les prisonniers politiques et le retour des exilés dont l’ex-président Laurent Gbagbo. Si, à l’international, des voix ont plutôt félicité le président réélu, celles-ci n’ont pas manqué de recommander au pouvoir, l’ouverture d’un dialogue devant inclure toutes les forces vives de la nation en vue de la consolidation de la paix.






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