France: Nicolas Sarkozy condamné à trois ans de prison

L'avocat de Nicolas Sarkozy, Thierry Herzog, et l'ancien magistrat Gilbert Azibert condamnés
Par Eugène SAHI
Publié le 01 mars 2021 à 16:02 | mis à jour le 01 mars 2021 à 16:02

Nicolas Sarkozy condamné à trois ans de prison dont un ferme, pour corruption et trafic d'influence. Le Parquet national financier (PNF) avait réclamé quatre ans de prison dont deux avec sursis à l’encontre de l’ancien chef de l’Etat.

L'avocat de Nicolas Sarkozy, Thierry Herzog, et l'ancien magistrat Gilbert Azibert condamnés aux mêmes peines

Le jugement est tombé. Nicolas Sarkozy a été condamné, lundi 1er mars, à trois ans de prison, dont un ferme, pour corruption et trafic d'influence dans l'affaire dite "des écoutes".

Déclaré coupable, l’ancien président de la République, est devenu, lundi 1er mars, le deuxième ancien président de la République condamné sous la Ve République. Son avocat, Thierry Herzog, et l'ancien magistrat Gilbert Azibert ont été condamnés aux mêmes peines. « Vous relaxerez Nicolas Sarkozy ». C’est ce qu’avait réclamé Me Jacqueline Laffont, le conseil de l’ancien président de la République, au mois de décembre 2020.

Les faits remontent à 2014. M. Sarkozy était suspecté d’avoir tenté d’obtenir d’un magistrat à la Cour de cassation, Gilbert Azibert, des informations confidentielles le concernant, voire de faire annuler la saisie de ses agendas présidentiels après avoir obtenu un non-lieu dans l’affaire Bettencourt. M. Azibert, avocat général dans une chambre civile, n’intervenait pas directement dans ce dossier mais il aurait joué de ses relations. En échange, M. Sarkozy aurait promis d’intervenir en faveur du magistrat pour qu’il obtienne un poste de prestige à Monaco.

Le tribunal correctionnel a estimé lundi qu’un « pacte de corruption » avait été conclu entre l’ex-président aujourd’hui âgé de 66 ans, son avocat Me Thierry Herzog et l’ancien haut magistrat Gilbert Azibert.


Ce jugement est historique, plus de neuf ans après la condamnation de Jacques Chirac à deux ans de prison avec sursis dans l'affaire des emplois fictifs de la ville de Paris. Cette décision est aussi cruciale pour Nicolas Sarkozy, qui affronte dès le 17 mars un deuxième procès, dans l'affaire Bygmalion, portant sur les frais de sa campagne présidentielle de 2012.






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