Mine Cominak d’Akouta (ex-Areva) – C’est la désolation » après la fermeture de la mine d’uranium Cominak d’Akouta. Cominak, la filiale d’Orano, prévue pour fermer le 31 mars, laisse ainsi 600 salariés sans emploi et un impact environnemental important au Niger.

Fermeture de la compagnie de mine Cominak d’Akouta (ex-Areva) le 31 mars

Moussa Souley, le directeur général de la Cominak, filiale nigérienne du groupe français Orano, anciennement Areva, qui exploite depuis plus de 40 ans l’uranium dans la région, annonce le licenciement d’environ 600 employés, après avoir épuisé ses ressources.

Et donc contraint à fermer définitivement le site situé dans la ville d’Arlit, à 250 kilomètres d’Agadez, dans le nord du Niger. En novembre 2020, la société civile demande le report de la fermeture de la mine d’uranium d’Akouta afin de garantir la prise en compte des préoccupations des travailleurs

Aujourd’hui, si la compagnie a prévu un plan social, comme le rapporte Rfi, aucun dédommagement, n’est prévu en revanche pour les 800 sous-traitants qui dépendent de la mine.

« Ses employés toucheront ente 20 et 60 millions de francs CFA. Pour Niou Amadou, secrétaire général du Syndicat national des mines (Synamin) à la Cominak, ces enveloppes ne suffiront pas. Il faut un plan de relance économique pour la région…

« Nous avons une grande partie de nos travailleurs qui sont jeunes. Donc tant qu’il n’y a pas une relance économique du pays, cela veut dire que bon nombre de ces jeunes vont se retrouver au chômage. Je ne pense pas que qui que ce soit dira qu’il est content, quelle que soit l’enveloppe qu’on va lui accorder», a confié Moussa Souley au média français.

Tel un couperet, la décision de fermeture du site d’uranium de la société Cominak filiale d’Orano est tombée en octobre 2019, menaçant toute l’économie d’une région, dépendante des activités minières. Les travailleurs sur la défensive invalident les motifs avancés par le minier. Mine Cominak d’Akouta (ex-Areva)

Le groupe français justifie cette décision prise au terme d’une séance extraordinaire du conseil d’administration, par deux raisons : l’épuisement du gisement où le minerai d’uranium devient de plus en rare alors que les charges d’exploitation sont en hausse dans un contexte de chute des prix du minerai sur les marchés.

La livre (lb) d’oxyde d’uranium (environ 1/2kg) est passée de 130 dollars en 2007 à moins de 20 dollars en 2017, précipitant les déficits de toutes les mines d’uranium, analyse UxC, le groupe spécialiste de l’industrie nucléaire.

En juillet 2019, le kilo d’uranium se négociait à 25 dollars sur les marchés contre 40 dollars il y a 5 ans. Les prix ont chuté face à l’offre excédentaire portée par la méfiance engendrée par l’accident nucléaire de Fukushima au Japon et aux promesses de développement des énergies renouvelables dans le sillage de la signature de la COP21, l’accord de Paris sur le climat.

Un plan de relance de 95 milliards de francs CFA

« Il y a à peu près une vingtaine de millions de tonnes de résidus de traitement qui contiennent à peu près 80% de la radioactivité qui sont stockés à l’air libre. Ils ont prévu une méthode pour les sécuriser : ils disent qu’ils vont construire un sarcophage. D’abord, ils vont mettre une couche d’argile. Ensuite, peut-être, mais ce n’est même pas sûr, qu’ils vont mettre une couche de ciment, ce qui ne va pas résister au temps et aux intempéries », explique Rahmar Ilatoufegh, de la coordination de la société civile d’Arlit.

En tout, le plan de réaménagement de la Cominak s’élève à 95 milliards de francs CFA. La Cominak ou Areva, présente depuis 1978 au Niger, est détenue par le français Orano (34 %), le nigérien Sopamin (31 %), le japonais Ourd (25 %) et le groupe espagnol ENUSA (10 %).

Le Niger représente le 1/3 de la production totale d’Orano. La compagnie minière y dispose également d’autres filiales à savoir la Somaïr qui maintient ses exploitations en dépit de la conjoncture et elle prévoit de développer le gisement d’Imouraren dont l’exploitation entamée en 2009 a été arrêtée en 2015 à la suite de la baisse des prix de l’uranium.

Un retard considéré comme un manque à gagner, car avec l’exploitation du gisement, le Niger « pourrait se placer aux côtés de pays comme le Kazakhstan, premier producteur mondial d’uranium », affirme Elhadji Idy Abdou. Imouraren devrait produire 5 000 tonnes d’uranium au maximum par an pendant plus de 35 ans.

Mine Cominak d’Akouta (ex-Areva)