CIV: Liberté d’expression, Michel Gbagbo condamné à 6 mois de prison

Michel Gbagbo, fils de l’ancien président ivoirien Laurent Gbagbo
Par Timothée Jean
Publié le 26 janvier 2018 à 20:29 | mis à jour le 26 janvier 2018 à 20:29

Michel Gbagbo, fils de l’ancien président ivoirien, a été reconnu coupable et condamné à 6 mois sans mandat de dépôt. Cette sentence intervient au lendemain de la présentation des voeux du président Alassane Ouattara à la presse où celui-ci a précisé que la « liberté d’expression est fondamentale pour toute démocratie ».

La condamnation de Michel Gbagbo remet en cause la liberté d’expression

Ce vendredi 26 janvier, Michel Gbagbo, fils de l’ancien président, a écopé d’une peine de 6 mois d’emprisonnement et de 5 000 000 francs CFA d’amende, a fait savoir son avocat Me Ange Rodrigue Dadjé, via sa page Facebook officielle.

En effet, le fils de l’ex-Président ivoirien et le propriétaire du média Koaci, Laurent Despas, étaient tous deux poursuivis pour avoir « réalisé et divulguer une interview » soi-disant mensongère.

Lors de cette interview, Gbagbo fils avait affirmé : « à la date du 30 mars 2016, 250 personnes étaient encore détenues dans les prisons. 300 autres personnes inculpées et placées sous mandat de dépôt depuis 2011 sont portées disparues. »

Le fils ainé du président déchu avait aussi évoqué l'existence de prisonniers politiques en Côte d'Ivoire. Cette expression utilisée pour désigner les prisonniers pro-Gbagbo a été formellement réfutée par le régime d’Abidjan qui a décidé de punir les deux accusés.

Chose curieuse, Michel Gbagbo a été condamné à 6 mois de prison sans mandat de dépôt. Cette décision judiciaire est donc une manoeuvre visant à maintenir l’universitaire en lest. Autrement dit, si le condamné fait parler de lui pour la force de ses opinions politiques, notamment par des critiques incisives contre le régime d'Alassane Ouattara, il peut bien se retrouver dans les geôles de MACA.


Cette décision judiciaire remet également en cause la question même de la liberté d’expression en Côte d’Ivoire. Elle sonne comme un avertissement aux animateurs de médias. C’est la raison pour laquelle Me Rodrigue Dadjé, qui a décidé de faire appel de cette décision, prévient : « les journalistes pourraient désormais se faire condamner pour avoir simplement recueilli les propos de personnes ou personnalités si le pouvoir ivoirien estime ne pas partager ce point de vue. »