La Birmanie fait face à un vaste mouvement de désobéissance civile. A deux doigts de la guerre civile, la junte tente de museler des factions rebelles qui se multiplient dans le pays.

L’inévitable guerre civile en Birmanie: Plus de 500 morts déjà enregistrés

La Birmanie a enrégistré plus de 500 civils tués par les forces de sécurité depuis le coup d’Etat du 1er février 2021. Les factions ethniques armées menacent de rejoindre le mouvement de contestation si le bain de sang continue.

Le Conseil de sécurité de l’ONU doit se réunir d’urgence mercredi à huis clos, à la demande de Londres. Le secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres a exhorté la communauté internationale à « plus d’unité » et « plus d’engagement » pour faire pression sur la junte.

En effet, déjà 510 personnes, dont de nombreux étudiants et adolescents, sont mortes ces deux derniers mois, d’après l’AAPP, l’Association d’assistance aux prisonniers politiques.

Si les forces de sécurité « continuent à tuer des civils, nous collaborerons avec les manifestants et nous riposterons », ont-elles écrit dans un communiqué commun signé notamment par l’Armée d’Arakan (AA), une guérilla qui demande plus d’autonomie pour l’ethnie bouddhiste arakanaise.

Profitant de ces divisions, les généraux poursuivent la répression meurtrière pour essayer d’en finir avec les manifestations en faveur du rétablissement de la démocratie et les grèves qui secouent la Birmanie depuis qu’ils ont renversé le gouvernement civil d’Aung San Suu Kyi.

Selon Rfi, des frappes aériennes, dimanche matin, sur le territoire de l’ethnie minoritaire karen, à la frontière entre la Thaïlande et la Birmanie, ont provoqué la fuite de 3 000 villageois vers la Thaïlande. Mais alors que le gouvernement thaïlandais avait initialement annoncé qu’il accueillerait d’éventuels réfugiés dans des camps installés le long de la frontière, beaucoup ont été reconduits en territoire birman.

De nombreuses photographies publiées sur les réseaux sociaux montrent que les soldats thaïlandais ont ensuite posé des fils barbelés à plusieurs endroits de la rivière Moei, qui marque la frontière entre les deux pays, précise le média français.

La Chine et l’Inde ont refusé de condamner formellement le coup d’Etat

La Russie maintient ses liens étroits avec la junte. Le vice-ministre de la Défense Alexander Fomin a participé samedi au défilé annuel des forces armées birmanes. Le Kremlin s’est certes inquiété du nombre « croissant » des morts, mais a déclaré que la Birmanie restait un « allié fiable et un partenaire stratégique » avec qui il souhaite renforcer ses relations militaires.