Alerte à la bombe en vol : qui cible le ciel européen ?
Une alerte à la bombe chaque jour ou presque depuis le 2 novembre : des dizaines de vols commerciaux ont été déroutés, escortés par des chasseurs ou fouillés en Europe. Samedi 7 novembre, le parquet de Paris a ouvert une enquête sur ces fausses alertes à la bombe et cherche un éventuel lien avec des puissances étrangères.
Qui se cache derrière ces fausses alertes à la bombe ?
Personne ne le sait encore. Le parquet de Paris explique que ses investigations visent à retrouver les auteurs des courriels qui ont diffusé ces menaces « afin de faire croire à une destruction dangereuse », ainsi que « leur lien éventuel avec des puissances étrangères ». Le gouvernement irlandais a dénoncé vendredi une « probable campagne coordonnée visant à engendrer des perturbations ».
À Bruxelles, la prudence domine. Le commissaire européen aux Transports, Apostolos Tzitzikostas, a estimé jeudi qu’il était « trop tôt » pour affirmer que toutes ces alertes étaient liées. Plusieurs capitales européennes accusent depuis des mois la Russie et l’Iran de multiplier sabotages, cyberattaques et campagnes de désinformation, une stratégie de guerre hybride que l’Afrique connaît aussi. Aucune attribution officielle n’a été faite à ce stade.
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Un avion dérouté vers une base militaire en Normandie
L’épisode le plus spectaculaire a eu lieu jeudi 5 novembre. Le vol EI402 d’Aer Lingus, parti de Dublin pour Rome avec 151 passagers et six membres d’équipage, a été dérouté vers la base aérienne d’Évreux-Fauville, dans l’Eure. Matignon a indiqué que le pilote n’avait « pas coopéré comme attendu » et que le Premier ministre Sébastien Lecornu avait ordonné à deux avions de chasse d’intercepter l’appareil pour l’escorter jusqu’au sol. Les fouilles se sont révélées négatives, selon le procureur d’Évreux, Rémi Coutin, qui a ouvert une enquête sur le comportement du commandant de bord.
Ce même jeudi, une vingtaine d’avions ont été visés à travers l’Europe. Trois appareils de Ryanair à destination de Sofia ont été escortés par des MiG-29 bulgares, un vol Finnair Helsinki-Rome a été accompagné par des chasseurs italiens jusqu’à Fiumicino, et la police tchèque a contrôlé quatre avions posés à Prague. Lundi, un vol Wizz Air Londres-Sofia avait déjà dû se poser en urgence à Budapest. Mardi, une dizaine de vols avaient été ciblés.
Vendredi, Matignon a fait état de quatre nouvelles alertes visant des avions qui survolaient la France. Tous se sont posés sans incident. Des rédactions, dont Sky News et TF1, ont elles aussi reçu des menaces.
Les vols entre l’Europe et l’Afrique sont-ils concernés ?
Parmi les vols identifiés publiquement, aucun ne reliait l’Europe au continent africain. Les appareils visés assuraient surtout des liaisons intra-européennes, souvent vers l’Europe de l’Est. Air Sénégal, Air Côte d’Ivoire et les autres transporteurs suivis dans notre rubrique Compagnies aériennes d’Afrique ne figurent pas parmi les compagnies citées par les autorités.
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Rédigé par
Patrice DamaJe suis Patrice Dama, journaliste et analyste politique passionné. À travers mes chroniques sur Afrique sur 7, je propose un regard critique et engagé sur l’actualité, afin d’éclairer les grands enjeux politiques et sociétaux du continent. Suivez-moi pour découvrir mes analyses et mes prises de position sur les débats qui façonnent notre époque.
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