Montrer le sommaire Cacher le sommaire
Depuis l’arrivée du président Ibrahim Traoré à la tête du Burkina Faso, plusieurs projets de coup d’État ont échoué. Cette mise en échec est rendue possible par le performant système de surveillance. Il alerte les autorités burkinabè à chaque fois qu’une initiative est enclenchée. Un expert en la matière explique à Afrique Sur 7 le procédé.
Dans les coulisses du système de surveillance au Burkina Faso
Ces derniers jours, une valse de confessions est diffusée par la télévision nationale du Burkina Faso. Les intervenants sont d’anciens agents des forces de l’ordre pris sur le fait de préparations de coups d’État. Le meneur de cette opération est l’ancien président Paul-Henri Sandaogo Damiba. L’ex-chef d’Etat ne semble pas digérer son éviction de la présidence par son jeune frère d’armes.
À plusieurs reprises, et de façon méticuleuse, Damiba travaillerait à tisser des liens avec l’entourage d’Ibrahim Traoré. Il arriverait à convaincre certains en passant par leurs proches. Mais du côté des autorités burkinabè, ces manœuvres sont d’office vouées à l’échec. La performance du service de surveillance permet d’anticiper de plusieurs coups d’avance les initiatives de déstabilisation.
Coup d’État déjoué au Burkina Faso : Le gouvernement brise enfin le silence
Tentative de déstabilisation au Burkina Faso : une pure distraction ?
Selon SB, agent du contre-espionnage, les projets de coup d’État au Burkina Faso sont voués à l’échec. D’après lui, d’office, tous les soldats engagés dans l’armée sont surveillés, y compris ceux des théâtre d’opérations contre les terroristes.
Voici purquoi les tentatives de putsch au Burkina échouent une à une
« Cela fait trop, c’est vrai, mais tous les membres des forces de l’ordre sont sous surveillance au Burkina Faso. Parfois même leurs familles, leurs cousins, leurs servantes et tous ceux avec qui les proches de leurs proches échangent. »
Toujours selon cet agent du renseignement, Ouaga a mis de gros, très gros moyens pour savoir ce qui se passe dans et en dehors du pays concernant le Burkina Faso. Ces services d’écoute sont à plusieurs niveaux et sont confiés à des agents d’un cercle très restreint d’acteurs proches du chef de l’État.
« Et la chose a été poussée plus loin : même les agents du cercle proche du président qui gèrent ces écoutes sont eux-mêmes surveillés. »
Selon notre interlocuteur, les écoutes ne sont pas seulement téléphoniques, car des petits mots glissés sur des bouts de papier peuvent faire la différence. Là aussi, de grandes dispositions ont été prises.
« Je n’en dirai pas plus, mais chuchotez à l’oreille d’un proche des agents surveillés ou transmettez-leur des bouts de papier avec des annotations, et vous verrez qu’il n’y a rien de caché », dit-il.
La stratégie du verrou sécuritaire d’Ibrahim Traoré
Selon lui, les autorités de pays voisins qui tentent d’assister des déstabilisateurs du Burkina Faso sont souvent confrontées aux faits.
« Nous avons aujourd’hui l’un des systèmes de surveillance les plus performants au monde. Les gens peuvent tenter ce qu’ils veulent, il n’y aura pas de Sankara bis au Burkina Faso », parce que, rajoute-t-il, « Ibrahim Traoré n’a aucune intention de mourir pour entrer dans l’histoire. Il veut changer le Burkina, et cela ne peut se faire que s’il est en vie. »
À nos questions de savoir si le système de surveillance des services secrets de son pays était de surveillance russe, chinoise ou iranienne, SB répond, tout amusé :
« Pourquoi ne pas utiliser tous ces systèmes ? Les hommes sont nombreux et les moyens sont là. Nous utilisons même des systèmes de pays que vous ne pouvez pas soupçonner. C’est là l’erreur de ceux qui tentent de nous attaquer… »
Selon lui, les soldats qui passent présentement aux aveux pour leur implication dans les différentes manœuvres déstabilisatrices sont repérés avant même que les contacts ne soient établis avec les intermédiaires.
Quand la surveillance précède même les contacts
Pour moi, cela suppose que les initiateurs sont surveillés, et c’est ce qui déclenche l’alerte dès qu’ils se mettent en mouvement. Sa réponse est :
« Tout le monde est surveillé, cher ami. Un initiateur peut ne jamais intervenir directement. Donc on surveille tout le monde, y compris les personnes qui interagissent avec leurs contacts. Retenez que le secteur a énormément évolué et que nous sommes informés de tout. Si vous saviez le nombre de coups que nous avons anticipés, c’est un travail au quotidien. La menace est permanente et nos hommes gardent les yeux bien ouverts. »
La surveillance au Burkina Faso n’est pas que le fait de services internes. Elle est aussi externe. Des pays partenaires pouvoir d’Ibrahim Traoré partagent régulièrement des alertes, ce qui permet de mettre en échec toutes les tentatives.
Moi : « Si vous déjouez toujours les tentatives, à force, une pourrait réussir. Que faites-vous pour décourager ceux qui passent leur temps à tenter de vous renverser ? »
Le Burkina Faso prend une décision forte contre les États-Unis !Thomas Sankara : Deux images, une mémoire, ce que le temps aurait pu changerSB : « Je vois ce que vous voulez dire, mais moi je suis du côté des services qui repèrent les menaces. Ceux qui prennent la décision de décourager les initiateurs de ces menaces sont d’un autre côté. C’est à eux qu’il faudra poser cette question. Mais je crois que chacun travaille bien, il ne faut pas vous inquiéter. »
Depuis que le président Ibrahim Traoré est au pouvoir au Burkina Faso, plus tentatives de coup d’État à un stade avancé auraient été déjouées. D’autres ont été anticipées à l’étape embryonnaire du projet, selon notre interlocuteur.

