Montrer le sommaire Cacher le sommaire
Mamadou Koulibaly, ancien Président de l’Assemblée Nationale de Côte d’Ivoire, rejoint les dirigeants de l’AES sur les questions liées au terrorisme. Abdourahamane Tiani, Assimi Goïta et Ibrahim Traoré accusent certains pays de soutenir les groupes armés opérant dans l’AES. C’est une position partagée par l’ex-ministre de l’Économie et des Finances ivoirien.
Les terroristes bien aidés par des Etats
Que des rebelles ou des terroristes soient contre des régimes est une chose. Qu’ils soient armés au même titre que des États pour mener leur guerre en est une autre. Cependant, les premiers actes terroristes de ces 30 dernières années ont été perpétrés en Occident. Le tristement célèbre 11 septembre 2001 (3 000 morts), avec l’effondrement des tours jumelles du World Trade Center par Al-Qaïda, est à ce jour une référence.
Lire aussi : Découverte de gisement de gaz en Côte d’Ivoire : Les grosses interrogations de Mamadou Koulibaly
Côte d’Ivoire : deux leaders d’organisations de planteurs de cacao incacérés
Justice économique en Côte d’Ivoire : le PPEF durcit le ton dans le scandale SNEDAI
En France, les attentats de Paris, au Bataclan, terrasses, Stade de France, revendiqués par Daech, avaient aussi fait 130 morts. On n’oublie pas non plus les 193 morts dans les attentats de Madrid en 2004. Par ailleurs, Oslo & l’île d’Utøya, en Norvège, avec 77 morts d’Anders Breivik en 2011, sont autant de drames qui secouaient le monde occidental de la faute des terroristes.
Mais depuis la fin de la guerre en Libye, l’Afrique est devenue le territoire qui comptabilise plus d’attaques. Aujourd’hui, il ne se passe pratiquement plus rien dans les pays occidentaux. Cependant, le Mali, le Burkina Faso et même le Niger ne font que compter leurs morts du fait du terrorisme.
La menace grandissante en Afrique en dit long sur le laisser-faire
Le fait que ces attaques sur le continent soient autant récurrentes, au contraire de ce qui se passait dans les pays occidentaux où ne sont que sporadiques, révèle une meilleure coordination des actes. De plus, cela montre un soutien plus accru de puissances étrangères. Cela suppose que les armes circulent bien plus facilement. De plus, cela montre que les groupes terroristes actifs dans cette zone bénéficient de ravitaillements massifs et réguliers.
Ce qui est aussi à prendre en compte, c’est que les terroristes utilisent des armes modernes, parfois très dangereuses, destinées aux armées régulières. En dehors des États, aucune organisation privée n’a le droit de faire des acquisitions de telles armes. Pourtant, les terroristes opérant dans le Sahel en sont souvent dotés.
Pour Abdourahamane Tiani, Assimi Goïta et Ibrahim Traoré, qui sont en front-line dans cette guerre, des États sponsorisent bien ces terroristes. Leur opinion est similaire à celle démontrée par le Professeur Mamadou Koulibaly sur Twitter.
Lire aussi : Gabon : Mamadou Koulibaly appelle la junte à proclamer les « vrais résultats » de la présidentielle
L’ex-patron du parlement ivoirien a posé une série de questions sur le manque de contrôle des armes. Il affirme que celles-ci ne peuvent être fournies aux terroristes que par des gouvernements.
Les questions du président Mamadou Koulibaly
Ces terroristes qui n’ont pas d’États reconnus mais qui ont les moyens des États reconnus.
Ces terroristes qui n’ont pas de pays reconnus mais qui ont les moyens des pays membres de l’ONU.
Ces terroristes qui n’ont pas de gouvernements reconnus mais qui commandent et reçoivent des armes et autres équipements militaires qui, nécessairement, exigent des “certificats de end-user” signés de gouvernements officiels.
Mais qu’est-ce que c’est que le certificat de l’end-user dans l’achat des armes de guerre ou de police ?
Il s’agit d’un certificat d’utilisateur final, qui est l’entité (armée, police, gouvernement) qui utilisera directement le matériel, et non l’intermédiaire commercial. Il est identifié via un Certificat d’Utilisation Finale (CUF), document crucial garantissant que l’arme ne sera pas réexportée sans autorisation. Officiellement, ce certificat devrait permettre de lutter contre le détournement illicite des armes à des fins terroristes ou de rébellions.
Questions :
Quels gouvernements signent les CUF des armes livrées aux terroristes et autres forces rebelles dans la région ?
Quelles banques payent les fournisseurs de ces armes ?
Est-il si compliqué de pister les réseaux de financement, d’achats, de transports, de livraisons des armes aux djihadistes ouest-africains, ou bien alors est-ce juste un refus de le faire par les instances en charge qui se découvrent de ce fait comme des complices du terrorisme ?
Lire aussi : Côte d’Ivoire : Mamadou Koulibaly dénonce la reconduction du découpage électoral de 2018
Comment la Côte d’Ivoire a renforcé son maillage sécuritaire
Côte d’Ivoire : nouveaux prix des produits pétroliers
L’enseignant-chercheur laisse donc bien entendre que si les pays développés voulaient lutter efficacement contre le terrorisme, ils commenceraient par couper les circuits d’approvisionnement en armes. De plus, la négligence de ce paramètre incontournable, à elle seule, établit déjà le degré de leur complicité.
Ces terroristes qui n'ont pas d'États reconnus mais qui ont les moyens des États reconnus.
— Mamadou Koulibaly (@M_Koulibaly) January 31, 2026
Ces terroristes qui n'ont pas de pays reconnus mais qui ont les moyens des pays membres de l'Onu.
Ces terroristes qui n'ont pas de gouvernements reconnus mais qui commandent et reçoivent… https://t.co/OZzsGSCCw7

