Législatives 2025 : ADCI brise le silence et alerte sur une démocratie sous tension en Côte d’Ivoire

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Après les élections législatives du 27 décembre 2025, le mouvement Aujourd’hui et Demain, la Côte d’Ivoire (ADCI), dirigé par Assalé Tiémoko Antoine, dresse, par la voix de son Secrétaire exécutif, M. Roger Youan, un constat dur, assumé, et surtout politique.

Législatives 2025 : ADCI dénonce un scrutin verrouillé et relance le débat démocratique

ADCI, le mouvement politique lancé en Côte d’Ivoire en 2024 à Yamoussoukro, participait à sa première élection législative nationale. Quarante-sept candidats ont représenté cette formation politique sur l’ensemble du territoire ivoirien. Son ambition était pourtant claire : en plus de son président Antoine Tiémoko, faire entrer d’autres cadres à l’Assemblée nationale. Plusieurs millions d’Ivoiriens comptaient d’ailleurs sur cette nouvelle vision pour peser dans le débat démocratique et porter devant l’Assemblée nationale la vraie parole du peuple. Le verdict des urnes a été dur et sans appel. Aucun élu n’a été enregistré par ADCI, qui a même perdu le siège détenu à Tiassalé par son président Assalé Tiémoko.

Les responsables de ce parti reconnaissent leurs fragilités : organisation encore jeune, implantation insuffisante sur le territoire de la Côte d’Ivoire, expérience inégale des candidats, mais aussi des moyens limités. Et cette lecture ne suffit pas à expliquer la débâcle à ce scrutin.

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« À l’issue du scrutin, notre Mouvement n’a obtenu aucun siège parlementaire. Ce résultat, bien que décevant, appelle une analyse à la fois lucide, responsable et tournée vers l’avenir. ADCI assume pleinement sa part de responsabilité, notamment en ce qui concerne :

  • Sa jeunesse organisationnelle ;
  • Son implantation territoriale encore en construction ;
  • L’expérience politique variable de ses candidats ;
  • Ainsi que des moyens humains, matériels et financiers limités. »

ADCI décrit un climat électoral particulier, tendu et même verrouillé. Lors de ces élections, des constats d’achat de votes, de pressions sur les électeurs, de déplacements de bureaux de vote et même des violences ont été observés. Ces pratiques, déjà dénoncées lors de scrutins passés, n’ont donc pas été éliminées des maux qui minent les élections en Côte d’Ivoire. Selon ADCI, ces mauvaises pratiques lors des scrutins altèrent la sincérité du jeu électoral. Le cas assez préoccupant de Tiassalé est encore dans les esprits.

Dans cette localité, de faux électeurs ont été convoyés avec de toutes aussi fausses cartes d’électeurs. De faux PV signés par des personnes ne représentant pas ADCI dans les bureaux de vote ont été notés. Des vidéos sur internet lors du scrutin ont permis de constater certains faits.

Abstention record, contestations : pourquoi ADCI parle d’alerte démocratique

L’autre problème majeur a été la faible participation des populations à ce scrutin. À Abidjan, elle s’est effondrée, puisqu’on parle de 10 à 24 % de votants dans certaines communes. Ce chiffre, lourd de signification, rappelle le boycott du scrutin par le PPA-CI de Laurent Gbagbo.

Pour ADCI, l’abstention massive des populations à ce vote est la preuve d’une fatigue démocratique, mais aussi d’une rupture de confiance entre les citoyens et les institutions électorales.

Le mouvement pointe d’ailleurs directement le rôle de la Commission électorale indépendante. Son fonctionnement, décrié lors de la présidentielle du 27 octobre dernier, est resté le même dans ces législatives. Les organisateurs ne parviendraient toujours pas à rassurer aussi bien les acteurs politiques qu’une partie de l’opinion. ADCI estime que le temps de refondation complète de la CEI est venu pour changer cette dynamique.

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Les nombreux recours engagés par le mouvement devant le Conseil constitutionnel, surtout pour les cas de Yopougon et Tiassalé-Morokro, ont été rejetés. Ces décisions déclenchent chez les populations des réserves sur la transparence du processus de traitement des recours.

ADCI insiste sur le fait que la démocratie ne se limite pas au seul Parlement. Le combat d’Assalé Tiémoko et de ses camarades continue. Par la citoyenneté active qui a construit leur réputation, ils comptent bien peser dans le débat politique sans se positionner en opposants systématiques à toutes les initiatives gouvernementales.


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