Côte d'Ivoire: CEI, bien que contesté, Youssouf Bakayoko lance la RLE

Youssouf Bakayoko le président de la CEI

Youssouf Bakayoko continue de diriger la CEI comme si de rien n'était. Le président de l'organe en charge des élections a proposé un chronogramme pour la révision des listes électorales. Et pourtant, il est très contesté par l'opposition et la société civile.

Quand Youssouf Bakayoko fait de la résistance

La Commission électorale indépendante (CEI) entend procéder à la Révision de la liste électorale (RLE) du 14 au 21 avril 2018. Il revient cependant au Gouvernement ivoirien d'entériner cette proposition afin que les opérations soient effectivement lancées à la date indiquée.

Aussi, au niveau de l'institution, tout est fin prêt tel que confirmé par l'un des commissaires sous couvert de l'anonymat : « Nous sommes prêts et vraiment prêts. On n'attend que le gouvernement qui, par décret, doit confirmer la date. Et je pense que cela ne devrait pas tarder. »

Tous les membres de la Commission sont également à pied d'oeuvre pour une sensibilisation de proximité durant tout le mois de mars afin de « permettre le maximum d'enrôlés ». C'est pourquoi le président Youssouf Bakayoko et ses collaborateurs appellent tous les partis politiques à y adhérer, car pour lui, « une liste électorale non fiable augure des scrutins contestables, sujet à critiques et à conflits ».

Qu'à cela ne tienne ! La véritable exigence des partis d'opposition et de la société civile à ce jour, c'est la réforme de la Commission électorale indépendante (CEI). En meeting à Divo, le président du Front populaire ivoirien (FPI, opposition) Pascal Affi N'Guessan a martelé : « La CEI va changer », invitant par ailleurs tous les « frontistes » et autres partis d'opposition à s’unir pour la bataille de la réforme de la CEI.

Sangaré Aboudramane, le leader des « Gbagbo ou rien », la tendance radicale du FPI, a également exigé le départ de l'ancien chef de la diplomatie ivoirienne nommé à la tête de la CEI il y a près de huit ans, s'appuyant sur un arrêt de la CADHP.

Mais à ce jour, le président Alassane Ouattara rechigne à réformer cette commission qui est pourtant au coeur de toutes les polémiques sur les rives de la lagune Ébrié.

Notons que la révision des listes électorales concerne les Ivoiriens âgés d'au moins 18 ans depuis le 1er avril 2018, tous les anciens électeurs qui veulent changer de lieu de vote, ainsi que la prise en compte de tous les changements intervenus sur les données personnelles (mariage, divorce …). Environ 11.000 lieux sont prévus à cet effet pour une durée de 7 jours.