Côte d'Ivoire : CNI Cedeao, Le PAN Guillaume SORO interpellé

Guillaume SORO interpellé par par un ivoirien.
Par Patrice Dama
Publié le 05 janvier 2019 à 15:43 | mis à jour le 05 janvier 2019 à 15:43

Président de l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire, Monsieur le Député Kigbafori Guillaume SORO, je voudrais m’adresser à vous en qualité de citoyen et électeur de ce pays. Monsieur le Président, tout citoyen et électeur d’un État, a droit à l’information sur des sujets qui l’inquiètent. Mon inquiétude ici concerne la question des cartes nationales d’identité et j'espère par le biais de afrique-sur7.fr, la partager avec vous.

Un Ivoirien écrit à Kigbafori Guillaume SORO

En effet, le mercredi 5 décembre 2018, le directeur général de l’Office national d’identification (ONI) Monsieur Diakalidia Konaté a annoncé la production de nouvelles Cartes nationales d’Identités (Cni) au format de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) et ces cartes seront délivrées à la fin du premier semestre 2019, c’est-à-dire à partir de juin 2019.

Le même DG a assuré, face à la presse pour présenter le Système national de l'état civil (Sneci) de Côte d’Ivoire, que ‘’ les dispositions sont prises et je pense que si tout va bien, à la fin du premier semestre de l’année 2019, les premières cartes (nationales d’identités renouvelées) seront délivrées aux Ivoiriens ‘’.

Monsieur le Président Kigbafori Guillaume SORO, je suis fortement inquiet de savoir que ce sujet (les Cartes nationales d’identité) ne fasse pas l’objet d’un examen plus approfondi par l’Assemblée nationale afin d’expliquer au cours de débats parlementaires télévisés afin de présenter, expliquer et faire comprendre dans un premier temps au peuple de Côte d’Ivoire le projet visant le changement et l’harmonisation de la Carte nationale d’identité au format de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao).

À titre d’exemple, je voudrais mentionner les questions de la Carte nationale d’identité française et du Titre de séjour délivré aux étrangers vivant en France. Le nouveau format du Titre de séjour (carte à puce) a été imposé aux étrangers vivant en France et lorsque le Gouvernement français a voulu étendre le même modèle à la Carte nationale d’identité française, cela a donné lieu à de vifs débats à l’Assemblée nationale.

Le Gouvernement français n’étant pas parvenu à convaincre les députés français, donc le peuple français, le projet de la carte à puce concernant la carte nationale d’identité a été retiré. Dans ce même exemple, la France est membre de l’Union européenne, mais au sein de cette Union, la France, tout comme chaque État de l’Union, garde ses attributs nationaux et sa souveraineté.

La peur de la nouvelle CNI ivoirienne

Ainsi, en dehors du logo commun de l’Union européenne, les permis de conduire sont spécifiques à chaque État de l’Union. En considérant ces quelques exemples, mon inquiétude est d’autant plus grande lorsque je m’interroge sur la rapidité (environ six mois) avec laquelle le Gouvernement, à travers l’ONI, décide de changer la nature et le format pièce nationale d’identité de Côte d’Ivoire.

Cette opération accélérée semble cacher un Agenda du Gouvernement. C’est pourquoi Monsieur le Président, votre institution doit se saisir du dossier et ouvrir des débats parlementaires spéciaux afin d’expliquer au peuple la nature et les enjeux d’une telle opération. 2020 est une année électorale cruciale si nous considérons le spectacle des élections municipales.

C’est surtout pourquoi l’Agenda du Gouvernement relativement à la Nouvelle Carte d’identité nationale doit être scruté de près. Puisque le parti au pouvoir le RDR ne semble pas respecter les conditions énoncées dans la nouvelle Constitution de novembre 2016 et le Gouvernement est en train de forcer les autres partis politiques à rejoindre la coalition présidentielle.

Étant donné que la carte d’électeur découle de la Carte d’identité nationale, l’Agenda du Gouvernement (au regard de sa rapidité visant à faire aboutir son projet) n’est-il pas de changer la nature et le nombre du corps électoral naturel par injection d’un nouveau corps électoral, et ainsi verrouiller l’issue de l’élection présidentielle de 2020 et les autres élections ?

La réponse semble affirmative en considérant l’attitude du Gouvernement durant les dernières élections municipales, le refus voilé du Gouvernement de refonder complètement la Commission électorale indépendante et le non-respect des décisions de la Cour Suprême.

Monsieur le Président Kigbafori Guillaume SORO, vous avez conduit une rébellion afin que des citoyens de la République de Côte d’Ivoire soient restaurés dans leurs droits. Et l’une de vos revendications a porté sur l’accès à la Carte nationale d’identité, après vérification bien entendu des conditions d’admissibilité à l’attribution de ladite pièce. La guerre que vous avez faite pour la carte nationale d’identité doit vous interpeller afin que l’Agenda du Gouvernement relatif à la Carte d’identité nationale soit exposé au peuple de Côte d’Ivoire.

Bienheureuse année à la Côte d’Ivoire.

Pierre-André TOURE, citoyen ivoirien.



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