Côte d'Ivoire : Depuis son exil ghanéen, Damana Pickass donne de la voix

Damana Pickass évoque l'actualité politique ivoirienne
Par Dreyfus polichinelle
Publié le 08 janvier 2019 à 12:34 | mis à jour le 08 janvier 2019 à 12:34

Après une longue période d'observation et de réflexion, Damana Pickass est sorti de son mutisme pour donner son opinion sur l'actualité politique en Côte d'Ivoire. Cette sortie intervient à la suite du point de presse animé par Dr Assoa Adou, à propos de la nouvelle orientation politique du FPI.

Damana Pickass oppose deux classes politiques ivoiriennes

Exilé au Ghana depuis la fin de la crise postélectorale, Damana Pickass n'est pas pour autant coupé des réalités ivoiriennes. L'ancien Secrétaire général de la Jeunesse du Front populaire ivoirien (JFPI) revendique en effet son appartenance à la génération des Laurent Gbagbo et Abou Drahamane Sangaré qui sont pour lui des modèles de d'intégrité et de probité morale.

L'ancien commissaire central de la Commission électorale indépendante (CEI) fustige cependant de hautes personnalités du régime Ouattara, en l'occurrence le Président de l'Assemblée nationale Guillaume Soro, et le Ministre de la Défense et Maire de la Commune d'Abobo, Hamed Bakayoko. Malgré le fait qu'il soit de la même tranche d'âge avec ses deux barons du parti au pouvoir, il indique cependant qu'il se démarque totalement d'eux de par la conduite de leurs opinions et agissements politiques.

Damana Pickass nostalgique de l'ère Laurent Gbagbo

J'appartiens à la génération des Gbagbo, Sangaré au plan des idées, des principes et des valeurs. Ils sont d'une intégrité, d'une probité morale sans aucune équivalence. Ils sont d'un courage et d'une détermination insoupçonnés. Gbagbo et Sangaré sont d'une générosité, d'un altruisme et d'un amour indiscutables.

Sous la gouvernance de Gbagbo, il n'a prôné que l'amour, la réconciliation vraie, la fraternité et la cohésion. Il n'y avait pas de prisonniers politiques, il n'y avait pas de règlement compte, il n'y avait pas de chasse aux sorcières, ni d'épuration ethnique, idéologique et administrative. Laurent Gbagbo travaillait avec tout Ivoirien compétent indépendamment de sa sensibilité idéologique, ethnique ou religieuse.

La composition de son propre cabinet en est une preuve irréfutable, imparable. Sous Gbagbo des cadres PDCI, RDR, UDPCI occupaient de hautes responsabilités dans l'administration, la police, la gendarmerie, l'armée. Certains présidaient des institutions de la République, d'autres dirigeaient des sociétés d'Etats. Sous Gbagbo, le gruman présidentiel transportait des opposants malades en Europe avec prise en charge à 100% assurée. Il y en a dans ce gouvernement qui en ont bénéficié.

Sous Gbagbo, la République participait au deuil des barons de l'opposition. Des exemples foisonnent, et ce n'est pas l'actuel chef de l'État qui va me contredire. Que l’opposition soit en joie ou en pleures pour des questions familiales, Laurent Gbagbo est là et toujours à leur côté.

La cerise sur le gâteau, Gbagbo a cogéré le pays avec ceux qui l'ont attaqué militairement au nom de la paix et de l'intérêt supérieur de la nation. Par-dessus tout, quand bien même le centre, le nord et l'ouest refusaient de rentrer dans la République, le président Gbagbo a assuré et assumé ses responsabilités sur l'ensemble des populations qui vivaient dans cette zone rebelle. : Soins de santé, éducation, services, eau, électricité etc... n'ont jamais été interrompus.

Voilà la société que Gbagbo voulait bâtir, voici les idées qu'il avait pour son peuple. C'est donc à cette génération d'idées, de valeurs et de gouvernance que j'appartiens ou que je désire ardemment appartenir. Et j'invite la jeunesse ivoirienne qui hésite encore à adhérer à cette génération d'idées, de valeurs afin de bâtir une Côte d'Ivoire valeureuse, de morale, de compétences ou chacun reconnaît sa place et l'occupe avec fierté.

Damana Pickass se démarque de Soro et Hamed Bakayoko

J'appartiens certainement à la tranche d'âge des Soro, Hamed Bakayoko. C’est un fait de la nature et je n’y peux rien. Mais c'est vraiment tout ce qui nous unit. Au plan des idées, des valeurs et de la pratique de la politique, nous sommes tellement différents et diamétralement opposés. En l'état actuel des choses je ne sais pas ce qui peut nous rassembler.


Ils sont d'une méchanceté satanique, d'une cruauté indescriptible doublée d’un égocentrisme et d'un orgueil exacerbés. Ils souhaiteraient même que nous disparaissions. La preuve, ils nous maintiennent dans cet exil infernal, ils ont déporté Blé Goudé à la Haye avec un cynisme à peine contenu. De nombreux ivoiriens (dont la Première Dame Simone Ehivet Gbagbo) ont péri ou périssent à petit feu dans l'indifférence totale dans leurs prisons.

Les Soro, Hamed et consorts n'envoient aucun signal de réconciliation véritable. Il ne ressort dans leurs propos ou actes ni remords, ni repentance, ni humilité. Ils n'inspirent donc rien de bon et n'ont pas la volonté de bâtir la paix qu'ils ont pourtant la capacité de faire.

Ne nous méprenons pas et ne nous trompons pas sur leur compte. Car ils n’ont pas changé d’un iota. Ils nous font miroiter des projets simplement pour nous utiliser pour parvenir à leurs ambitions personnelles. Soyons vigilants et sereins car Gbagbo et ses idées vont encore rediriger la Cote d’ivoire bientôt.

Damana Adia Pickass

Vice-président du FPI en charge de la politique de la Jeunesse.