Burkina-Faso: Diendéré et Djibrill Bassolé condamnés, Soro exempté
Le verdict du procès du putsch manqué a été rendu, ce lundi 2 septembre 2019, par le tribunal militaire de Ouagadougou. Les généraux Gilbert Diendéré et Djibrill Bassolé, considérés comme les cerveaux de ce coup, ont écopé des lourdes peines de prison.
20 ans pour Diendéré, 10 ans pour Djibrill Bassolé…
Mi-septembre 2015, les éléments de l’ex-Régiment de la sécurité présidentielle (RSP), l’ancienne garde prétorienne du président déchu Blaise Compaoré, avaient perpétré un coup d’État contre les autorités de la transition au Faso. Ce putsch s’est soldé par un échec. Aussi, les nouvelles autorités burkinabè, avec à leur tête le Président Roch Marc Christian Kaboré, ont mis un point d’honneur à traduire en justice toutes les personnes civiles comme militaires, impliquées de près ou de loin dans cette tentative de déstabilisation du Pays des hommes intègres.
Les généraux Gilbert Diendéré et Djibrill Yipènè Bassolé viennent d’être situés sur leurs sorts au terme d’un marathon judiciaire à rebondissements. En effet, selon le verdict prononcé ce lundi par le tribunal militaire ouagalais, Diendéré, ancien chef d’état-major particulier de Compaoré, est condamné à 20 ans d’emprisonnement ferme pour « attentat à la sûreté de l’État, meurtres, coups et blessures et incitation à commettre des actes d’indiscipline ».
Quant à Bassolé, ancien ministre burkinabè des Affaires étrangères, il écope de 10 ans de prison pour « trahison ». Son implication dans ce putsch manqué ne reposant que sur un enregistrement téléphonique (non authentifié) entre lui et Guillaume Soro, l’ancien Président de l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire. D’autres responsables ivoiriens dont les noms ont été cités au cours de ce procès, ont été royalement épargnés par ce verdict. Les présidents Alassane Ouattara et Roch Kaboré ayant décidé de régler le cas Soro par la voie diplomatique. Mais c’était avant sa fronde contre le RHDP unifié (parti au pouvoir).
Notons par ailleurs qu’ils ont été déchus de leurs décorations de Commandeur de l’ordre national pour l’un et de Grand officier de l’ordre national pour l’autre. Les juges ont néanmoins été cléments, eu égard à la prison à vie requise par le procureur.
Des membres de l’ex-RSP ayant participé à cette forfaiture contre Michel Kafando (président de la transition) et ses collaborateurs ont également été condamnés à des peines allant de 15 à 19 ans. D’autres accusés ont toutefois bénéficié d’un acquittement.
Les avocats de la défense crient cependant à des violations des droits de leurs clients dans la procédure et entendent interjeter appel à cette décision du Tribunal militaire de Ouagadougou.
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