Le procès de Charles Blé Goudé à Abidjan livre tous ses secrets

Le procès de Charles Blé Goudé à Abidjan livre tous ses secrets
Par Jean Kelly Kouassi
Publié le 09 novembre 2019 à 08:00 | mis à jour le 09 novembre 2019 à 08:00

La décision de la Justice ivoirienne de poursuivre l'ancien ministre Charles Blé Goudé, pour des faits liés à la crise post-électorale de 2010-2011, suscite de vives réactions au sein de la classe politique. Après le PDCI-RDA et plusieurs leaders de la société civile, c'est le tour du COJEP, formation politique dirigée par l'ex-pensionnaire de la prison de Scheveningen à la Haye, de monter au créneau pour crier son indignation. Vendredi 8 novembre 2019, lors d'une conférence tenue à Abidjan, Dr. Patrice Saraka, secrétaire général du Parti de Blé Goudé, a ouvertement dénoncé un "harcèlement politique" dirigé contre son président.

Patrice Saraka dénonce les nouvelles poursuites contre Charles Blé Goudé

Ce vendredi 8 novembre la Direction du Cojep, le parti de Charles Blé Goudé a donné une conférence de Presse à Abidjan pour donner sa position sur la procédure ouverte contre son leader Charles Blé Goudé.

Voici les propos liminaires du Dr Patrice Konan Saraka, Secrétaire Général du Cojep.

Les faits

Arrêté le 17 janvier 2013 au Ghana et détenu à la DST pendant 14 mois (du 18 janvier 2013 au 22 mars 2014), le pouvoir et la justice ivoirienne qui avaient toute la latitude de juger le Ministre Charles Blé Goudé ont volontairement renoncé malgré l’insistance des avocats à ce droit légitime, en le transférant à La Haye, le 22 mars 2014.

Le Leader du Cojep qui ne se reproche rien s’est soumis à cette procédure. L'Etat ivoirien a maladroitement tenté d'être partie prenante à ce procès. Laquelle demande a été catégoriquement rejetée.

82 témoins au total se sont succédés. À l’issue de la procédure la chambre a décidé d’acquitter purement et simplement Charles Blé Goudé qui, en homme libre se trouve actuellement en Hollande.

Dix (10 mois) après cet acquittement, à l’étonnement général la justice ivoirienne décide de le poursuivre pour des faits pour le moins curieux : ‘’crimes contre des prisonniers de guerre’’

Après deux reports consécutifs, les accusations de crimes contre prisonniers de guerre se sont transformées subitement en ‘’viol, homicide volontaire et torture’’. Tout cela frise l’improvisation.

Notre analyse

Nous constatons que la sous-traitance du dossier Charles Blé Goudé ayant échoué à la Cour Pénale Internationale, le pouvoir ivoirien tente d’utiliser l’appareil judiciaire pour faire aboutir son propre agenda politique ; donnant ainsi l’impression de regretter ce transfèrement.

À la réalité, au vu de la variation des accusations en l’espace de trois semaines, le Cojep conclut légitimement que la justice ivoirienne ne sait pas pourquoi elle poursuit CBG.

La vérité c’est que Charles Blé Goudé n’est pas poursuivi pour ce qu’il a fait mais pour ce qu’il est, pour ce qu’il représente c’est-à-dire un leader charismatique, un adversaire politique redoutable.

Mesdames et messieurs les journalistes, le régime ivoirien s'acharne contre le Ministre Charles Blé Goudé pour l’empêcher de participer pleinement à la vie politique en Côte d’Ivoire.

Les autorités ivoiriennes affichent ainsi clairement leur volonté d'écarter un adversaire politique qui vient d'être élu Président d'un parti politique bien structuré et en plein ascension, en l’occurrence le Cojep.

La position du COJEP

Le Cojep dénonce ce harcèlement politique contre son Président ;

Le Cojep dénonce l’utilisation de la justice à des fins politiques ;

Le Cojep réitère sa volonté librement choisie d’aller à la Paix et à la réconciliation, une réconciliation qu’il veut sincère et inclusive.


Le Cojep réitère son soutien à son Président ;

Le Cojep félicite l’équipe de Défense et leur apporte son soutien dans sa position actuelle de ne point cautionner l’instrumentalisation de la justice à des fins politiques

Le Cojep félicite ses militants et les démocrates ivoiriens pour leur soutien permanent au Ministre Charles Blé ;

Le Cojep appelle ses militants au calme, à la sérénité, leur demande de ne pas céder à la provocation et de rester mobilisés.

Je vous remercie

Abidjan le 08 novembre 2019

Pour le COJEP

DR. Patrice Saraka SG du COJEP



Facebook
Twitter
email
Whatsapp