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Les élections législatives sont derrière nous, et pourtant Tiassalé retient toujours son souffle pour Assalé Tiémoko. Victime de fraude, ce dernier est tiraillé de toutes parts : une partie de l’opposition se réjouit de ses déconvenues, tandis que le parti au pouvoir règle ses comptes avec l’un de ses meilleurs poils à gratter. Analyse.
Législatives 2025 : Ce qu’ils reprochent à Assalé Tiémoko
À Tiassalé, il est difficile de croire à une défaite d’Assalé Tiémoko au regard du colossal travail qu’il abat depuis sa prise de pouvoir dans la région. Et pourtant, lors des élections législatives de fin 2025, Alpha Sanogo, quasi inexistant sur le terrain de la défense de l’intérêt public, a été déclaré vainqueur du scrutin parlementaire par la CEI. De son côté, le journaliste d’investigation et député-maire a livré des preuves incontestables de tricherie lors de cette élection.
Entre la transmission de faux procès-verbaux de bureaux de vote à la CEI et et des individus convoyés à Tiassalé pour fausser le scrutin, le Conseil constitutionnel dispose d’éléments suffisants pour sanctionner les irrégularités qui ont permis de travestir le résultat des urnes.
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L’honorable Assalé Tiémoko a engagé un recours après la proclamation des résultats par la CEI, qui donne vainqueur M. Alpha Sanogo. Au regard de toutes les preuves transmises à la plus haute institution juridique du pays, le public ivoirien espère une issue heureuse pour ce défenseur des causes communes.
Côte d’Ivoire : Assalé Tiémoko victime d’un double rejet
Pour les militants du RHDP, Assalé Tiémoko devait quitter le Parlement, sans que l’on sache réellement pourquoi. Le plus dynamique des députés ivoiriens n’a pourtant jamais été un contestataire systématique. Il ne s’est engagé dans aucune démarche d’obstruction, préférant se consacrer à l’éducation des populations sur le rôle réel et le devoir du député.
Grand défenseur des intérêts du peuple, « Kirikou », comme on le surnomme, a toujours porté des causes communes à tous les Ivoiriens, là où nombre de ses homologues se cantonnent à une logique strictement partisane.
L’affaire des datas internet qu’il a révélée, et pour laquelle il était en première ligne, a durablement marqué les esprits. Il a également dénoncé des détournements de fonds publics et mis en lumière les activités du sulfureux Komé Bakary dans le secteur foncier. Autant de combats qui touchent directement les citoyens, tous bords politiques confondus, et qui font d’Assalé Tiémoko un véritable rempart pour le peuple.
Et pourtant, par pur esprit partisan, certains militants du RHDP préfèrent le voir quitter l’Assemblée nationale au profit d’un cadre de leur parti.
Du côté de l’opposition boycotteuse des scrutins en Côte d’Ivoire, le PPA-CI plus précisément, certaines voix se sont élevées pour se réjouir des malheurs du maire de Tiassalé. Pour eux, le fait qu’il ait participé aux élections alors que leur leader, Laurent Gbagbo, appelait à l’abstention, constitue une forme de trahison.
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Ce que ces sympathisants du PPA-CI semblent oublier, c’est qu’Assalé Tiémoko n’est pas militant de leur parti. Secundo, leur leader, Laurent Gbagbo, en dehors des appels répétés au boycott, ne propose aucune alternative concrète susceptible de faire évoluer la situation en Côte d’Ivoire. Assalé a donc raison de siéger à l’Assemblée nationale pour, autant que possible, rappeler au parti au pouvoir, ultra-majoritaire, qu’il ne détient pas l’assentiment du peuple sur tous les sujets.
La difficulté de la politique ivoirienne, à gauche comme à droite, réside dans le fait que les individus guidés par l’émotion plutôt que par les principes sont largement majoritaires. Ils s’accusent mutuellement d’être des suivistes, alors qu’ils en sont souvent eux-mêmes l’illustration.

