Un cadre du PDCI à Adjoumani: "Oui, Bédié s'appelait Brema Diaby mais..."

Henri Konan Bédié, président du PDCI-RDA
Par Jean Kelly Kouassi
Publié le 21 novembre 2019 à 13:28 | mis à jour le 21 novembre 2019 à 14:45

Les propos tenus par Henri Konan Bédié jeudi dernier lors du onzième bureau politique du PDCI-RDA, continuent de susciter de vives réactions au sein de la classe politique ivoirienne. En réponse au ministre Kobenan Adjoumani qui avait littéralement descendu le président du parti septuagénaire, Jean-Yves Esso Essis, membre du bureau politique du PDCI-RDA, s'est adressée à l'actuel ministre ivoirien de l'Agriculture, lui demandant de sortir du terrain de la "xénophobie".

Jean-Yves Essis, cadre du PDCI-RDA, vole au secours de Bédié

Excellence monsieur le ministre,

Permettez que je prenne le temps de vous adresser cette lettre ouverte ce matin, après la lecture de vos diatribes concernant les propos tenus par le président Bédié lors de la réunion du Bureau Politique du PDCI-RDA qui s'est tenue le 14 novembre 2019.

Il me parait essentiel et important de vous adresser cette réponse, car me semble-t-il, les non-initiés aux subtilités langagières du président Bédié n'ont pas saisi, et je peux le comprendre fort aisément vu l'exigence qualitative du niveau de compréhension que demandent ses discours, la quintessence des propos de notre président.

Vous avez dit et je cite : " Le plus ahurissant, c’est quand on trouve encore dans notre pays, des individus capables d’applaudir pareilles inepties et dérapages aussi graves, pour la paix et la cohésion sociale."

Souffrez donc que l'on vous fasse une explication de texte des propos du président Bédié afin qu'à l'avenir vous preniez le temps de bien analyser ses discours pour ne pas être tout le temps "ahuri".

Oui, le destin nous ahurit par une prolixité de souffrances insupportables. Après cela, on s'étonne que les vieilles gens rabâchent...

Ne soyez pas ahuri par nos applaudissements, monsieur le ministre, nous écoutons les vieilles gens rabâcher et cela nous rassure quant à leur vitalité et leur courage.

Le président Bédié adore les Maliens. J'en veux pour preuve le fait que dans sa tendre enfance, comme vous l'avez si bien indiqué vous même, il portait le doux sobriquet de Brema Diaby lorsqu'il était élève chez dame Matata Diaby. N'est-ce pas là la meilleure preuve d'amour ? Mais ce n'est pas de cela qu'il s'agit monsieur le ministre...

Ne nous emmenez pas volontairement sur le terrain de la xénophobie, dont vous vous êtes toujours servi pour tromper le peuple de Côte d'Ivoire qui a toujours vécu dans une franche fraternité avec toutes les communautés étrangères vivant sur son sol. Ce terrain n'a jamais été le nôtre.

Le président Bédié ayant, grâce à ses services de renseignement, fait le constat très clair, avec preuves à l'appui, de la présence d'un très grand nombre de personnes d'origine malienne au meeting du RHDP qui s'est tenu à Montreuil, a tenu à le dénoncer avec courage, qualité devenue très rare actuellement sur les bords de la lagune Ébrié.

C'est de cela et seulement de cela qu'il s'agit...

Ayons en mémoire comme vous l'avez rappelé dans vos propos, que quatre mois auparavant le président Bédié a courageusement dénoncé l'orpaillage clandestin, les vols de nationalité ou les arrachements de forêts dans l’ouest de la Côte d’Ivoire, et s'est vu être traité de tous les noms pour ensuite être accompagné dans sa croisade par votre propre mentor, le président Alassane Ouattara.

Excellence monsieur le ministre,

Je ne voudrais pas être trop long pour ne pas perdre l'intérêt des lecteurs de cette lettre ouverte. Je ne vous parlerai donc pas du capot du T45 sur lequel serait monté le président Houphouët au risque d'être complètement hors sujet, même si votre Excellence n'a pas eu la même crainte que moi lors de son propos. Nul besoin également de vous parler de la capacité de mobilisation d'un million de militants par temps très ensoleillé ou même pluvieux que vous nous jalousez.

J'ose croire que mon éclairage vous aura aidé à mieux appréhender les propos si subtils, pourtant si simples à comprendre de notre président.


En espérant être resté, tout au long de ce billet matinal, dans la droite ligne du respect dû à votre rang,

Je vous prie d'agréer Excellence monsieur le ministre, l'expression de mes salutations distinguées.

Jean-Yves ESSO ESSIS

Inspecteur du PDCI-RDA

Membre du BP du PDCI-RDA

Président des Cadres Dynamiques du PDCI-RDA



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