Meeting de l'opposition : Yasmina Ouegnin s'explique sur sa présence

Yasmina Ouegnin au meeting de l'opposition au Félicia
Par Dreyfus polichinelle
Publié le 10 octobre 2020 à 19:51 | mis à jour le 11 octobre 2020 à 12:42

L'opposition ivoirienne a appelé ses partisans à un grand meeting, ce samedi 10 - 10 - 2020, au stade FHB, pour exiger le retrait de la candidature d'Alassane Ouattara, le report de la présidentielle ainsi que plusieurs autres revendications. Yasmina Ouegnin a pris une part effective à cette manifestation. La Députée de Cocody explique, sur sa page Facebook, sa présence à ce grand rassemblement.

Yasmina Ouegnin : « Pourquoi je suis au stade ce matin… »

Un peu moins de 3 décennies après la disparition du Père Fondateur de la Côte d’Ivoire moderne, 20 ans après le coup d’État qui sera suivi d’une rébellion entrainant la partition de notre pays, et seulement 10 années après une regrettable crise postélectorale, voici encore une fois, notre pays en train de se fracturer, de se diviser et de se déchirer…. Pourquoi ? Oui ! Pourquoi ?

L’Histoire de notre chère patrie rappelle le brassage et la fusion de plus de 60 ethnies, en vue d’édifier une Nation toujours appelée à puiser ses ressources dans sa formidable diversité.

Le constat de cette pluralité de peuplades ayant à l’origine des valeurs culturelles souvent distinctes, a certainement conduit nos illustres devanciers à souligner l’impérieuse nécessité d’élaborer un socle consensuel, réunissant les éléments sociologiques, politiques et juridiques, par lesquels notre communauté de destin devrait toujours s’accorder sur l’essentiel. À cet égard, la Constitution de notre République se présente comme l’instrument à même de permettre l’inclusion des braves populations ivoiriennes, dans le respect de leur dignité et dans la garantie de leurs libertés.

Aujourd’hui, samedi 10 octobre 2020, nul doute que l’absence ou le non-respect de ce contrat social se révèle comme la principale cause des contentions récurrentes et regrettables que notre chère Côte d’Ivoire ne cesse d’offrir en spectacle désolant, au reste du monde, depuis la disparition du Président Félix Houphouët Boigny.

Plus récemment en 2016, lorsqu’il a fallu redessiner les axes majeurs que devrait emprunter la marche de la République, il nous a été dit, promis et vendu, la certitude selon laquelle la nouvelle Constitution serait la meilleure et garantirait la Stabilité et la Paix, éléments indispensables et préalables au développement et au progrès auxquels nous aspirons tous.

Hélas !! Mille fois hélas !!!

Cette Constitution, qui devrait nous rassembler, est, maintenant, source de profondes divisions et d’affrontements qui nous éloignent des lendemains meilleurs voulus et attendus par nos concitoyens.

En effet, les équilibres encore fragiles de notre pays sont gravement mis en péril par les ambitions d’un homme de clan, qui cherchant ouvertement à protéger les intérêts d’un très petit nombre, méprise, sans scrupule ni remords, notre Loi fondamentale.

Le 31 octobre prochain, Mr Ouattara et ses fidèles s’attendent à une élection présidentielle selon leur interprétation de leur Constitution, leur code électoral et leur CEI, sous le regard complice de leur Conseil Constitutionnel, qui d'ailleurs proclamera vainqueur leur candidat quels que soient les suffrages exprimés majoritairement en faveur des adversaires. Et pourtant...

Le brave Peuple de Côte d’Ivoire qui a été berné et floué en 2016, en adoptant par référendum cette Constitution, exige une tout autre forme de scrutin.

Celle par laquelle l'expression de sa souveraineté (la seule et vraie) sera matérialisée par un processus transparent, libre, équitable et inclusif dont les résultats ne nous feront pas perdre de vue que ce qui nous unit est bien plus grand et plus important que nos puériles divergences et nos chétives préférences.
Mais, en réalité ce processus idéal ne sera malheureusement jamais réalisé...du moins pas le 31 octobre 2020, et pour cause...

Est-il encore besoin de rappeler que déjà plus de 3000 de nos concitoyens ont voté pour la Paix, ont exprimé leur désir de concorde et d'union, ont fait valoir leur besoin de Réconciliation, en versant leur Précieux Sang durant la triste crise postélectorale de 2010-2011.

Et qu’avant eux, des milliers d'autres enfants de notre chère Côte d’Ivoire ont donné de leurs vies depuis que les joutes électorales dessinent douloureusement les lignes de fractures d'une société plurielle qui peine encore et toujours à trouver l’harmonie entre ses riches et diverses dynamiques sociales, culturelles et religieuses, atouts qui devraient pourtant nous aider à construire une grande, belle et prospère Nation.

Combien de têtes devraient encore tomber pour contenter les caprices de ce prince et les fantaisies de ses courtisans ?

Quel degré de méchanceté, d’arrogance et d’égoïsme suffira-t-il avant de mettre fin à la curée ?
Quel niveau de médiocrité devrons-nous atteindre avant de tourner ces pages sombres de l'histoire de notre pays qui s'écrit à l'encre couleur « Sang » de ses enfants ?

Trop c’est TROP…

C’est pourquoi, à ceux et celles qui ont quelques prétentions à tenir le flambeau éclairant la voie triomphale qui doit nous mener vers cette nouvelle Côte d'Ivoire que nous appelons de tous nos vœux, il importe de ne point oublier que le sens de la responsabilité pour le bien collectif ainsi que l'esprit de sacrifice personnel pour la cause commune sont les seuls critères que le peuple observe et retiendra de nos postures, nos paroles et nos actes.

Voici que notre Constitution est piétinée, souillée et galvaudée, avec la coupable assistance des institutions de la République, qui à travers leurs nombreux manquements, finissent par nous dispenser de cautionner leurs actes en nous inscrivant dans la logique de Désobéissance civile.

Tout comme chacun de vous, je vais ainsi me résoudre à observer cette attitude non pas comme un acte de rébellion à l’égard de la République, mais plutôt comme un signe éloquent de l’alerte citoyenne et patriotique, qui nous est lancée par ce pays au bord de l'agonie.


Tout comme chacun de vous, je vais donc observer cette désobéissance civile non seulement pour barrer la route aux assauts répétés contre l’unité nationale et la solidarité entre les fils et les filles de Côte d’Ivoire, mais aussi, et surtout pour permettre l’avènement d’une ère nouvelle qui saura garantir et préserver les droits des jeunes générations en proie aux incertitudes et qui demeurent à la recherche de repères et d’espoir.

Assumons donc Ensemble, notre part de responsabilité en criant notre ardent désir de préservation de l’Unité de notre pays dans le respect de nos différences…

Disons en chœur « NON » à toute parole, toute attitude ou toute action qui porte les germes de l’affaiblissement et de l’asservissement de nos Institutions…

Disons « NON » à la prise en otage de notre pays,

Disons enfin « NON » au recul de la Démocratie !!!
Pour que Vive une Côte d’Ivoire Unie, Solidaire et Prospère.

Yasmina OUEGNIN

Élue de la Nation

Députée de COCODY.




Articles les plus lus