Détention d'Alain Lobognon: Grosse pression sur le régime Ouattara

 Le Comité des droits de l'homme des parlementaires exige la libération de Lobognon
Par Jean Kelly Kouassi
Publié le 01 mars 2021 à 19:24 | mis à jour le 01 mars 2021 à 19:24

L' Union interparlementaire (UIP), à travers son Comité des droits de l’homme, appelle à la libération du député Alain Lobognon, ainsi qu’à l’abandon des poursuites judiciaires engagées contre des parlementaires ivoiriens.

Affaire Lobognon : Le comité des droits de l'homme des Parlementaires dénonce une "détention arbitraire"

Le Comité des droits de l’homme des parlementaires, à l’issue de sa 163e session parlementaire, s’est penché sur les cas d’une quinzaine de députés ivoiriens, victimes de violations de leurs droits fondamentaux dans le cadre de l’exercice de leur mandat parlementaire. Parmi les cas évoqués, celui du député de Fresco a particulièrement retenu l’attention.

Pour le comité des droits de l’homme des parlementaires, l’ancien ministre ivoirien des Sports est victime de détention arbitraire depuis décembre 2019, en « l’absence de procès et sans aucune forme matérielle connue ».

« Nous déplorons vivement le maintien en détention du député Alain Lobognon depuis décembre 2019, en l’absence de procès et sans aucune forme matérielle connue », déclare le bureau du Comité. Et de s’interroger sur les raisons qui justifient cette détention du compagnon de lutte de Guillaume Soro, au regard de la libération sous contrôle judiciaire d’autres députés qui font l’objet des mêmes poursuites que M. Lobognon.

« Nous appelons les autorités à le libérer instamment et à abandonner toute poursuite judiciaire contre lui en l’absence de preuves », a exigé le comité des droits de l’homme des parlementaires. Outre le cas Lobognon, le comité des droits de l’homme des parlementaires, a également fait cas du « harcèlement » dont font l’objet depuis 2019, plusieurs députés membres de l’opposition ivoirienne.

Le Comité se dit préoccupé par les arrestations et détentions de députés ivoiriens, entre août et novembre 2020, au plus fort de la crise électorale, en violation flagrante de leur immunité parlementaire. Il s’agit notamment de l’ancien Premier ministre ivoirien, par ailleurs président du Front populaire ivoirien (FPI), Pascal Affi N’guessan, et de Maurice Kakou Guikahué, cadre du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI-RDA), deux figures de la contestation contre le 3e mandat jugé anticonstitutionnel du président Alassane Ouattara.

« Le comité des droits de l’homme est préoccupé par les récentes arrestations et détentions qui ont eu lieu en violation de l’immunité parlementaire des deux députés et des deux sénateurs tout en considérant que les conditions restrictives attachées à leur mise en liberté, en particulier, l’interdiction de quitter la Côte d’Ivoire, la nécessité d’obtenir une autorisation pour obtenir tout déplacement sur le territoire ivoirien et l’impossibilité de participer à des rassemblements politiques», s'inquiète le Comité.


Ajoutant que toutes ces restrictions imposées à ces parlementaires ivoiriens du fait de leur affiliation politique, renforcent les allégations du plaignant selon lesquelles, les procédures menées contre ces parlementaires sont politiquement motivées et dans la continuité du harcèlement politico-judiciaire dont l’opposition ivoirienne est victime depuis 2019.

Faisant allusion au cas de l’ancien chef de la rébellion des Forces nouvelles et de ses lieutenants, accusés de tentative de déstabilisation et de complot contre l’autorité de l’ État, le Conseil des droits de l’homme souligne que l’essence d’une démocratie réside dans le respect de la diversité des opinions et que pousser les membres de l’opposition à renoncer à leur position politique en échange d’un abandon des poursuites à leur encontre, enfreint les dispositions de la constitution.

« Nous appelons les autorités ivoiriennes à abandonner les charges qui pèsent contre tous les parlementaires à l’absence de preuves et à favoriser un dialogue politique national inclusif dans lequel toutes les parties, y compris les membres de l’opposition exilés, puissent exprimer clairement leurs opinions sans craindre des représailles », ont-ils exhorté.






Articles les plus lus