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Au Burkina Faso, le capitaine Ibrahim Traoré sort une nouvelle carte dans le cadre de la lutte contre la corruption. En plus de la tolérance zéro qui est pratiquée contre les auteurs de cet acte avec une application rigoureuse des sanctions prévues par les textes, le gouvernement met la « Caméra de KORAG » aux trousses des contrevenants. Cette stratégie mise en place par l’instance mythique livre les premiers résultats de sa descente discrète dans l’administration. Des agents de l’État se donnant à des actes soupçonnés de corruption dévoilés à la face du monde, en direct à la télévision nationale.
Corruption au Burkina Faso : des agents pris en flagrant délit par la « caméra de KORAG »
La mesure se veut dissuasive pour décourager la corruption, surtout dans l’administration. Si vous ne voulez pas vous retrouver dans le journal de 20 h à la télévision nationale dans une mauvaise posture, tenez-vous bien dans vos bureaux et éloignez-vous de toutes tentations liées à la corruption. C’est clairement le message que véhicule le KORAG à travers ses « caméras » qui sillonnent tel un drone les couloirs de l’administration.
Le KORAG a déployé des moyens technologiques pour prendre la main dans le sac des agents publics qui continuent de réclamer de l’argent aux usagers pour soi-disant faire « accélérer » le traitement de leurs dossiers. Des scènes de corruption filmées en caméra et enregistrées en audio en direct dans des bureaux et sur les voies publiques. On se croirait dans un film où, sans savoir qu’ils sont filmés, les acteurs principaux s’adonnent à des actes répréhensibles devenus presque quotidiens.
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Dans l’élément de 12 minutes diffusé à la RTB, il y a une scène qui a certainement retenu toutes les attentions. Cette séquence a été enregistrée par les enquêteurs dans une salle de consultation d’un centre de santé hospitalier le 31 décembre 2025. Un patient souffrant d’un mal de dents a été contraint de débourser une somme supplémentaire alors qu’il avait déjà soldé toutes les factures officielles présentées par la caisse. Ces factures sont chiffrées à 20 000 FCFA TTC et le reçu de paiement constituait en réalité son laisser-passer pour bénéficier de l’intervention chirurgicale. Mais c’est sans savoir qu’il allait avoir affaire à un médecin qui lui réclamerait des faux frais.
Deux cent dix mille francs CFA réclamés
Alors qu’il ne devait plus rien verser avant d’avoir la date de son opération, le patient, sur demande expresse et insistante du médecin, a dû verser une somme de 210 000 FCFA sans reçu et sans aucune explication de ce à quoi l’argent allait servir. Selon l’enquêteur, le médecin a dit que la somme allait servir à l’achat d’un produit. « Curieusement sans ordonnance et dont lui seul détient le nom en secret. Malgré les négociations, les supplications, rien n’y fit », a indiqué l’enquêteur. Dans la vidéo, on voit clairement le médecin recevoir la somme des mains du patient, qu’il a pris le soin de compter avant de l’empocher.
Quand les billets de banque font réapparaître des dossiers disparus
Un usager en quête des actes d’acquisition de son terrain depuis des mois sans gain de cause est venu se renseigner sur l’état de son dossier. « À l’entame de la conversation, on ne l’écoute presque pas. On lui fait comprendre que son dossier est, au meilleur des cas, perdu dans les dédales de l’administration, sinon il est classé sans suite. Mais ça, c’était avant qu’il ne propose au commis de l’État et à son complice des pourboires. »
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L’enquêteur révèle que dès qu’ils ont reçu les billets de banque, il a suffi d’un coup de fil pour retrouver les traces du dossier. Mieux, le dossier était déjà traité et l’usager pouvait même le retirer séance tenante. C’est en substance ce qui ressort de l’appel téléphonique initié par l’agent public avec un de ses collègues.
Ces scènes filmées et diffusées sur la télévision nationale ont créé un choc au sein de l’opinion. Mais elles montrent bien que le phénomène de la corruption a la peau dure et qu’il faut actualiser les moyens de lutte. Le KORAG assure que ces agents qui ont été filmés répondront de leurs actes.

