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Extraordinaire, c’est le qualificatif qui va le mieux au Président Ibrahim Traoré du Burkina Faso. Le jeune soldat de 37 ans est en train de positionner son pays à un niveau jamais imaginé par aucun expert en développement en si peu de temps.
Burkina Faso : Pas de surfacturation au pays d’Ibrahim Traoré
Lorsque Ibrahim Traoré prend le pouvoir au Burkina Faso, le scepticisme est à son comble dans toutes les communautés africaines. Ce doute s’expliquait par les nombreux coups d’État qui jalonnent la gouvernance du Burkina Faso. Depuis Thomas Sankara, qui avait fait de grands rêves pour son pays, à la douche froide de la gouvernance de Blaise Compaoré, ce pays semblait condamné à occuper éternellement la dernière place au classement des nations développées.
De Blaise Compaoré à Isaac Zida/Michel Kafando, à Roch Marc Christian Kaboré, élu le 29 décembre 2015 mais renversé par Paul-Henri Sandaogo Damiba, tout semblait perdu pour le pays des hommes intègres. Mais avec Ibrahim Traoré, le Burkina Faso n’a jamais autant fait envie, tant l’actuel locataire du Palais de Koulouba tord le cou à toutes les idées reçues.
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Avant la fin de l’année, IB a fait l’annonce de la création d’une autoroute Ouaga-Bobo-Dioulasso. Celle-ci a la particularité d’être large de 2×4 voies, de quoi faire sourire les afro-pessimistes planqués dans la sous-région et qui doutent de reconstruire toutes les ambitions du leader burkinabé.
IB aura ses 2×4 voies, une première en Afrique
Cette autoroute est en train de sortir de terre puisque 332 kilomètres des 410 km de son tracé ont déjà été nettoyés en seulement 45 jours depuis le début des travaux.
Le Président Ibrahim Traoré, prenant la parole, a expliqué avoir sondé des entreprises étrangères pour avoir leur coopération pour la réalisation du projet. Il affirme qu’aucune des entreprises sondées n’envisageait une livraison pour moins de 10 ans. Côté coût, elles l’estimaient au moins à 1 032 milliards FCFA pour un 2×2 voies, là où il exige un 2×4 voies.
Face à cette envolée des prix ainsi qu’à la longueur des délais (10 ans), des ingénieurs burkinabés ont été équipés pour réaliser l’ouvrage. Ibrahim Traoré annonce l’acquisition de plus de 100 Caterpillar actifs sur ce seul projet, qui coûtera bien moins que les 1 032 milliards FCFA de la meilleure offre étrangère pour un 2×2 voies.
La bonne idée avec cette acquisition de matériels pour réaliser le projet par des travailleurs de l’État, c’est qu’une fois la route terminée d’ici la fin de l’année 2026, ces machines pourront servir sur d’autres chantiers.
Le pont Marcory-Riviera bien trop couteux
À titre de comparaison, le pont Riviera – Marcory d’Abidjan, long de seulement 1,5 km, initialement estimé à 151 milliards de FCFA, a coûté 308 millions d’euros, soit 201 740 000 000 FCFA. Si l’ouvrage du Burkina Faso de 410 km devait être réalisé par les mêmes entreprises, le coût serait de minimum 54 940 milliards FCFA puisqu’il comportera des des stations de péage.
À ceux qui doutent encore de sa vision pour le Burkina Faso, Ibrahim Traoré rappelle que son pays est désormais producteur et transformateur de café pour la consommation locale. Idem pour le cacao, pour lequel de nombreux entrepreneurs burkinabés investissent présentement les champs pour produire la fève.
Discours du Président Ibrahim Traoré :
Lorsque nous entamions l’autoroute, certains doutaient parce que c’est un projet qui est là depuis une décennie… C’était une autoroute de 2×2 voies. Les entreprises, à majorité étrangères, qui avaient fait des propositions, les moins chères étaient à 1 032 milliards de FCFA pour faire les 2×2 voies.
Le refus de la dette pour les générations à venir
Et donc, on nous proposait de nous financer pour pouvoir le réaliser en 10 ans pour les délais les plus courts. Il faut être conscient. Pour nous condamner, pour nous condamner des générations qui ne sont pas encore nées, à des dettes de 50, 60 ans pour construire une autoroute de 2×2 voies. Lorsque nous nous sommes renseignés pour savoir si c’était possible en 2×4 voies, certains entrepreneurs se sont moqués de nous. Ils n’y croyaient pas. Dans un tel pays, 4×2 voies, ce n’est pas raisonnable. Certains ont dit que ça devrait nous coûter plus de 3 000 milliards…
« Conscience », le maître mot de la révolution burkinabé
Comme je le dis, dans la révolution, c’est une affaire de conscience, on ne va pas entrer dans ce chemin. Voilà pourquoi nous avons décidé de le faire nous-mêmes, parce que nous avons confiance en nos jeunes ingénieurs, nous avons confiance aux compétences des Burkinabés. Donc nous avons cherché des équipes de tout ordre. Aujourd’hui, je peux dire que ce chantier est unique en Afrique, qu’il mobilise autant de monde, autant d’équipements…
Des délais à respecter
Les travaux de nettoyage, il y a plus de cent bulldozers sur ce chantier. Je ne vois pas pareil. Je m’étais donné deux mois pour qu’ils puissent finir le nettoyage et je crois qu’ils ont tenu le pari. Nous sommes à 40 jours et ils ont déjà fait plus de 70 % du nettoyage. Et le 15 février, s’il plaît à Dieu, ils auront fini.
Ce qui veut dire que le rythme, non plus, est inégalable en Afrique. Et c’est un défi : nous allons finir dans un délai que personne ne va croire. Parce que nous avons déjà tout à notre disposition. Toutes les machines, tout le nécessaire est là. Il ne nous reste que le carburant et le bitume à payer.
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Ce qui veut dire que nous allons poursuivre, parce que beaucoup d’autres autoroutes vont être lancées en 2026. Les infrastructures sont une priorité. Ça aide tout le monde, que ce soit les populations civiles, les forces armées, les forces de sécurité intérieure, tout le monde a besoin d’infrastructures routières.
Il faut se concentrer sur ces acquis-là, voir ce que nous avons pu réaliser et se projeter dans l’avenir. Comme je le dis : maintenez la pression, car je pense qu’en 2026, il y a tellement de grands chantiers qui vont commencer. Vous devez maintenir ce cap pour qu’on puisse réussir le pari.

