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La Côte d’Ivoire, acteur clé de la « ceinture du karité » africaine, prend des mesures significatives pour dynamiser son secteur karité, un domaine au potentiel largement inexploité. Cette initiative gouvernementale vise à optimiser la gestion et à relever les défis communs aux filières anacarde et karité. L’intégration de la filière karité sous la tutelle du Conseil du Coton et de l’Anacarde (CCA) marque un tournant stratégique pour le développement de cette ressource naturelle.
Nouvelle impulsion pour le Karité ivoirien
Désormais, le Conseil du Coton et de l’Anacarde étendra ses responsabilités à la filière karité, englobant la régulation, le suivi et le développement des activités. Cette décision, annoncée lors du Conseil des ministres du mercredi 23 avril, a pour objectif d’améliorer l’efficacité de la gestion budgétaire. Les autorités ivoiriennes estiment que cette intégration permettra d’apporter des solutions plus adaptées aux problématiques partagées par les secteurs de l’anacarde et du karité, notamment en ce qui concerne la commercialisation et la valorisation des produits.
En lieu et place d’une toute nouvelle structure publique dédiée aux activités de la filière karité, les missions du Conseil du Coton et de l’Anacarde à savoir la régulation, le suivi et le développement des activités des filières coton et anacarde, sont également étendues aux activités de la filière karité, précise le communiqué officiel. Cette démarche s’inscrit dans un contexte où la transformation du karité en Côte d’Ivoire, encore largement artisanale, rencontre des obstacles structurels importants qui freinent sa progression. Les statistiques officielles révèlent qu’avec une production annuelle de noix de karité estimée à 250 000 tonnes, seulement 32 % sont transformées localement, soulignant un besoin crucial de modernisation.
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Un modèle inspiré de l’anacarde
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Le gouvernement ivoirien espère que le transfert de la filière karité sous l’égide du CCA apportera un accompagnement stratégique similaire à celui qui a propulsé le secteur de l’anacarde. La Côte d’Ivoire est aujourd’hui le troisième transformateur mondial d’anacarde, une réussite à laquelle le CCA a grandement contribué par ses efforts constants pour attirer les investissements. L’objectif ambitieux est de transformer localement 50 % de la production nationale d’anacarde, qui dépasse le million de tonnes par an, d’ici à 2030.
Ce succès dans la filière anacarde sert de modèle pour le développement du karité. La Côte d’Ivoire se positionne actuellement comme le 3ème transformateur mondial d’anacarde derrière le Vietnam et l’Inde, un exploit que le CCA ambitionne de répliquer pour le karité. En Afrique de l’Ouest, bien que la Côte d’Ivoire soit le cinquième producteur de noix de karité derrière le Nigéria, le Mali, le Burkina Faso et le Ghana, cette nouvelle orientation pourrait changer la donne. L’expertise du CCA en matière de structuration de filière et d’attraction d’investissements pourrait permettre au karité ivoirien de connaître une croissance significative en termes de transformation locale et de valorisation.
