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Le Burkina Faso, confronté à la prédominance de l’agriculture pluviale et à la vulnérabilité face à la sécheresse, prend des mesures significatives pour renforcer sa sécurité alimentaire. Le gouvernement burkinabè a récemment lancé les travaux de construction d’un nouveau barrage agricole dans la région des Hauts-Bassins. Cet investissement majeur vise à développer l’irrigation et à soutenir une production agricole continue.
Un barrage pour l’irrigation de 1 260 hectares
Les travaux ont débuté à Diaradougou, dans le département de Bama, situé dans la région des Hauts-Bassins. Ce projet d’envergure représente un coût total de 6 milliards de francs CFA, soit 10,4 millions de dollars. Le financement est assuré par le budget de l’État burkinabè, témoignant de l’engagement national envers l’autosuffisance alimentaire.
Cette nouvelle infrastructure hydraulique aura une capacité de stockage de 10 millions de mètres cubes d’eau. Elle permettra l’irrigation de 1 260 hectares de terres agricoles. Les agriculteurs de la région pourront ainsi cultiver tout au long de l’année, réduisant leur dépendance aux aléas climatiques. Selon le communiqué du ministère de l’Agriculture et des Ressources animales, « Ce projet s’inscrit dans la dynamique de renforcement de la souveraineté alimentaire du Burkina Faso, en favorisant une agriculture irriguée résiliente et durable ». Cet investissement devrait dynamiser la production agricole dans les Hauts-Bassins.
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Cette région occupe déjà une place importante dans l’agriculture nationale. Elle se positionne comme la deuxième région productrice de céréales du pays, juste derrière la Boucle du Mouhoun. Les Hauts-Bassins contribuent à hauteur de 15 % à la récolte nationale de céréales, qui a atteint 5,1 millions de tonnes lors de la campagne 2023/2024. De plus, cette région est reconnue comme la première zone de production de cultures maraîchères au Burkina Faso, d’après les données de l’Institut national de la statistique et de la démographie (Insd). Le nouveau barrage renforcera ce potentiel agricole.
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Un engagement régional pour l’irrigation
Ce projet s’inscrit dans une dynamique régionale plus large. Le Burkina Faso et cinq autres pays du Sahel ont pris des engagements lors du « Forum Dakar+10 ». Ces engagements visent à intensifier l’irrigation agricole dans la région. Malgré cet effort, le chemin à parcourir reste considérable. En 2022, la FAO estimait que seulement 55 000 hectares étaient équipés pour l’irrigation au Burkina Faso. Cela représente moins de 1 % de la superficie totale des terres cultivées. L’initiative de Bama constitue une étape importante vers l’augmentation de ces surfaces irriguées et le renforcement de la sécurité alimentaire du pays.
