Pourquoi la Côte d’Ivoire est surnommée le « poumon économique de l’Afrique de l’Ouest »

Montrer le sommaire Cacher le sommaire

Au sein des institutions régionales comme dans les salles de marché ouest-africaines, l’expression Côte d’Ivoire « poumon économique de l’Afrique de l’Ouest » est répandue. Cette formule très forte repose sur des réalités concrètes. Derrière ce surnom, il y a un pays dont l’économie soutient et influence l’ensemble de celles de la sous-région.

Pourquoi la Côte d’Ivoire fait respirer l’économie ouest-africaine

Regardons d’abord les chiffres, sans bien entendu en faire une obsession. La Côte d’Ivoire représente à elle seule pas moins de 40 % du PIB de la zone UEMOA. C’est considérable. Abidjan concentre l’essentiel des flux financiers, commerciaux et logistiques de cet espace. Quand l’économie ivoirienne accélère, c’est toute la machine régionale qui suit. Quand elle ralentit, les effets se font aussi sentir bien au-delà de ses frontières.

Cette réalité s’explique par une histoire économique bien particulière. Dès l’époque d’après-indépendance, la Côte d’Ivoire s’est positionnée comme un hub agricole et commercial, les principaux leviers de l’époque. Ceux-ci étaient fondés sur le cacao, le café, l’hévéa, l’anacarde et plus récemment le coton transformé sur place. Aujourd’hui, le pays reste le premier producteur mondial de cacao, un produit dont la chaîne de valeur fait vivre plusieurs millions de personnes en Afrique de l’Ouest.

PDCI-RDA : Bredoumy Soumaïla en liberté !
Côte d’Ivoire : le calendrier prévisionnel des concours en 2026

Comment la Côte d’Ivoire est devenue le poumon économique régional

On ne peut reduire la Côte d’Ivoire à son seul potentiel agricole. Ce serait une erreur. La force du pays d’Alassane Ouattara est la diversification progressive de son économie. Abidjan, la capitale économique, n’est pas seulement fort de un port, c’est un nœud. Le port autonome d’Abidjan est toujours un des plus performants du golfe de Guinée bien malgré le recul des flux du Mali et du Burkina Faso, voir du Niger. À bien des égards, la Côte d’Ivoire respire pour ses voisins malgré le froid ambiant dans sa relation avec certains.

Le secteur des services joue aussi un rôle clé. Banque, assurance, télécommunications, transport aérien : de nombreuses entreprises régionales pilotent leurs activités depuis Abidjan. La ville est devenue une capitale économique presque de la zone toute entière. Ce n’est clairement pas un hasard si les sièges régionaux des plus grandes banques ouest-africaines s’y installent. Ces institutions sont attirées par un marché plus dynamique et une main-d’œuvre davantage qualifiée dans un environnement d’affaires jugé plus stable que dans d’autres pays de l’Afrique de l’Ouest.

Un facteur sous-estimé doit être pris en compte : la démographie économique. La Côte d’Ivoire attire des travailleurs, entrepreneurs, commerçants et cadres de la sous-région. Des citoyens maliens, burkinabés, sénégalais, guinéens et même nigériens viennent y chercher du travail. Cette mobilité régionale soutient la croissance, elle stimule la consommation et renforce les liens économiques avec les citoyens de ces pays. Le poumon, ici, n’est pas qu’une métaphore : il aspire, il redistribue, il oxygène.

Le secret du surnom économique de la Côte d’Ivoire

Bien sûr, tout n’est pas linéaire. Le pays reste exposé aux chocs extérieurs, à la volatilité des cours des matières premières, aux tensions politiques internes ou régionales. Les inégalités continuent d’exister tout comme le chômage des jeunes qui reste un problème majeur à solutionner. Que dire de la transformation industrielle qui avance moins vite que les discours officiels. Mais malgré ces nombreuses fragilités, la résilience ivoirienne impressionne toujours. Après chaque crise importante, l’économie de la Côte d’ivoire repart, parfois laborieusement, mais elle repart toujours.

C’est sans doute là que réside le cœur du surnom. La Côte d’Ivoire n’est pas juste une économie dominante par sa taille. Elle est devenue avec le temps un moteur, un espace de respiration pour l’Afrique de l’Ouest, capable d’absorber les chocs, de redistribuer l’activité et d’entraîner ses voisins dans son sillage. Tant que cette dynamique se maintiendra, l’image du « poumon économique de l’Afrique de l’Ouest » continuera de faire sens, au-delà de la formule.

Comme le disait Mossadeck Bally, président du Conseil national du patronat du Mali à Afrique-sur7.fr :

« les divergences entre politiciens ivoiriens et maliens (voir des aux pays de la zone, ndlr) ne touchent pas le monde des affaires car les partenariats se poursuivent. »

Le rôle clé d’Abidjan de poumon économique de l’Afrique de l’Ouest demeure et survivra aux différentes tensions entre la Côte d’ivoire et ses voisins encore longtemps. Avec la mission envoyée par le chef de l’Etat ivoirien au Burkina Faso peu avant l’élection présidentiel d’octobre dernier, 2026 pourrait devenir l’année du grand rapprochement entre ces États divisés par des visions politiques différentes.

Il y a d’un côté les militaires, à travers l’Alliance des Etats du Sahel (AES), désireux de remettre en cause tous les partenariats avec les alliés de longue date des pays francophones d’Afrique de l’Ouest. Et de l’autre, les pays souhaitants aller à une progressive amélioration des différents accords.

Assalé Tiémoko pris en étau après les législatives de 2025
Monsieur Téné Birahima Ouattara, Homme de l’Année 2025 en Côte d’Ivoire

Deux visions s’opposent pour la même cause, l’avancée de l’Afrique. Pour éviter de risquer la stabilité de la Côte d’Ivoire, le Président Ouattara semble s’aligner sur la position de son ancien mentor, le Président Félix Houphouët-Boigny. Rester l’ami des puissants tout en travaillant au développement de son pays.


Vous aimez cet article ? Partagez !



Afrique-sur7.fr : Actualités Afrique, Politique, Économie et People en continu est un média indépendant. Soutenez-nous en nous ajoutant à vos favoris Google Actualités :