Côte d’Ivoire : Réforme CEI, Alassane Ouattara va-t-il rétropédaler ?

Alassane Ouattara lors d'un Conseil de ministres
Par Timothée Jean
Publié le 06 mars 2018 à 10:47 | mis à jour le 06 mars 2018 à 11:07

Les pressions autour du président Alassane Ouattara n’ont jamais été aussi fortes. La récente ordonnance portant organisation et fonctionnement du Sénat a suscité le courroux de l’opposition et de certains juristes. Face à tous ces mécontentements, le Chef de l’État va-t-il renoncer à son idée comme dans le cas de la loi sur l'annexe fiscale ?

Alassane Ouattara face au mécontentement de l’opposition

Le mercredi 14 février 2018, le chef de l’État Alassane Ouattara avait pris une ordonnance relative à l’organisation et au fonctionnement du Sénat. Ainsi, les premières élections sénatoriales en Côte d’Ivoire se tiendront le 24 mars prochain.

Cependant, cette ordonnance visant à accélérer le processus électoral a un goût amer pour l’opposition, dans son ensemble. Ces opposants dénoncent un énième passage en force du Chef de l’État et un refus du gouvernement de reformer la CEI avant les élections.

L’opposition, ragaillardie par l’arrêt de la Cour africaine des droits de l'Homme et des peuples (CADHP), invite donc le pouvoir à des discussions pour réformer l’Institution chargée d’organiser les élections, car elle « n’obéit pas aux critères internationaux ».

Aboudramane Sangaré, président de l’aile dure du FPI, persiste pour le départ de Youssouf Bakayoko et appelle le gouvernement ivoirien à un dialogue politique pour « l’organisation de scrutins justes et transparents ». Mais, les autorités ivoiriennes soutiennent que l'actuelle CEI est le fruit d'un « consensus ».

De ce fait, Bamba Moriféré, porte-parole de « Debout, sauvons la Côte d'Ivoire », a martelé : « Ces élections sont pipées d’avance et vont donner lieu à des troubles ». L’ancien président du Conseil constitutionnel, Francis Vangah Wodié a également appelé M. Henri Konan Bédié, principal allié du président de la République, « à peser de tout son poids » afin que les « Ivoiriens puissent se parler », car, il y a déjà des germes de tensions et des risques d’affrontement.


Aussi, les élus locaux semblent réticents quant à la mise en place du Sénat. Plus d'une semaine après le lancement du dépôt de candidature, seuls deux candidats indépendants se sont présentés pour déposer leurs dossiers. Est-ce un boycott ? Ou le régime Alassane Ouattara serait-il en plein rétropédalage, d’autant plus qu’aucun candidat RDR ne s’est jusque-là pas présenté ? Les partis politiques attendent-ils le dernier jour pour s’engager ? Quoi qu'il en soit, ce n'est pour l'instant pas un véritable engouement autour de ce scrutin, premier du genre en Côte d'Ivoire.