Côte d’Ivoire : FPI, refus de Laurent Gbagbo de céder le pouvoir à Simone Gbagbo ?
Dans un communiqué dont copie nous est parvenue, Laurent Gbagbo a décidé de mettre fin à l’intérim à la présidence du FPI. Par cette décision, le fondateur de l’ancien parti au pouvoir empêche à l’ancienne première dame de succéder au défunt Aboudrahamane Sangaré, selon la hiérarchie des frontistes.
Laurent Gbagbo prend le pouvoir au FPI
Le Front populaire ivoirien (FPI) est en pleine réorganisation de son comité central depuis la brusque disparition d’Aboudramane Sangaré, le 3 novembre dernier. En sa qualité de 1er vice-président, le « Gardien du temple » assurait l’intérim de la présidence du parti en lieu et place de Laurent Gbagbo, incarcéré depuis près de sept ans à La Haye. Aussi, ce poste étant vacant, l’on s’attendait logiquement à ce que l’intérim soit assuré selon l’ordre hiérarchique établi par le 4e Congrès ordinaire de Moossou.
En effet, si une telle logique était suivie, alors l’ancienne première dame Simone Ehivet Gbagbo, deuxième vice-présidente du FPI, devrait continuer à gérer les affaires courantes du parti jusqu’à ce que l’ancien Président, le président fondateur toujours maintenu dans les liens de la détention, en prenne le plein contrôle. Que nenni!
Dans son communiqué, l’ancien président ivoirien Laurent Gbagbo s’est voulu formel : « Il n’y a plus d’intérim. J’assume pleinement la direction du Parti. » À cet effet, il indique qu’il décidera de « la convocation des réunions des instances statutaires, qu’il reviendra aux vice-présidents, dans le respect de l’ordre hiérarchique, de présider ».
Poursuivant dans sa logique, le président du premier parti ivoirien d’opposition désigne Assoa Adou, Secrétaire général, pour la gestion et l’administration du parti. Rappelant par ailleurs qu’il est « en rapport constant » avec lui. C’est d’ailleurs lui qui signe les communiqués du président Gbagbo, un genre d’intérim inavoué.
La messe est donc dite. Mme Simone Gbagbo, cofondatrice du parti, ne prendra pas, du moins pour l’instant, la tête de la direction du FPI.
Notons que la divergence entre Laurent Gbagbo et son épouse Simone Ehivet Gbagbo était déjà apparue dès le lendemain de la disparition de leur camarade Sangaré Aboudrahamane. Alors que l’ancienne parlementaire d’Abobo avait convoqué une réunion du comité exécutif du FPI, l’ancien chef de l’État l’avait coup-circuité en suspendant toutes les activités politiques de son parti jusqu’à la fin des obsèques de Sangaré.
Comme au PDCI avec ses « adjoumanistes », en attendant les « billonistes » si un autre candidat que Jean-Louis Billon venait à être désigné pour la Présidentielle de 2020, le FPI de Laurent Gbagbo n’échappe pas à la division interne. Le RDR aurait pu souffrir de la même maladie de la division avec Soro Guillaume si la réactivité de ses dirigeants n’avait pas tué l’influence de l’ancien chef rebelle sur le parti.
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