Côte d'Ivoire : Gbagbo n'a pas demandé à Affi N'Guessan de créer son parti

Laurent Gbagbo et Pascal Affi N'Guessan

Contrairement à ce qu'indiquait une certaine opinion, Laurent Gbagbo n'a pas demandé à Pascal Affi N'Guessan de créer son propre parti politique. Tel est le démenti apporté par Emmanuel Golou à qui les auteurs d'une telle assertion attribuaient la paternité de tels propos.

Pascal Affi N'Guessan en sursis au FPI ?

Le Front populaire ivoirien (FPI) continue de traîner les démons de la division. La tendance modérée dirigée par Pascal Affi N'Guessan et celle plus radicale naguère conduite par Feu Abou Dramane Sangaré et récupérée désormais par Laurent Gbagbo, le fondateur du parti, continuent de se regarder en chiens de faïence. C'est fort de cette opposition interne que des "Gbagbo ou Rien" ont affirmé que l'ancien président ivoirien a demandé à son ancien Premier ministre et successeur à la tête du FPI de créer son parti.

Cependant, Emmanuel Dégbèvi Golou, président de l'Internationale Socialiste zone Afrique, qui rentre fraîchement d'une visite à Laurent Gbagbo dans sa cellule du centre pénitentiaire de Scheveningen à La Haye a tenu à faire une déclaration dans laquelle il prend totalement à contre-pieds ceux qui évoquent une séparation définitive et irréversible entre le Député de Bongouanou et les frontistes.

« J’ai la ferme conviction que le peuple ivoirien, la classe politique en premier, trouvera dans son for intérieur les germes de solidarité et d’unité, qui l’ont toujours caractérisé, pour aller vers la réconciliation et la paix », a déclaré le socialiste béninois. Puis, il ajoute de façon formelle : « Aucune recommandation encore moins une quelconque mission, de la part du président Laurent Gbagbo, concernant le Front populaire Ivoirien et le premier ministre Pascal Affi N’guessan. »

Voilà donc qui est clair. Le FPI entend reconquérir le pouvoir d'Etat en 2020. Et ce n'est pas dans la division que cela se fera. Laurent Gbagbo qui est un politicien averti et un fin tacticien optera pour un rapprochement plutôt qu'une séparation définitive de ses collaborateurs. A moins que ce dernier cas de figure n'obéisse à une stratégie politique