Attaques répétées au Burkina: Diendéré affirme ne pas en être "étonné"

Le général Gilbert Diendéré
Par Jean-Marc Bouazo
Publié le 08 février 2019 à 20:45 | mis à jour le 09 février 2019 à 01:52

Le général Gilbert Diendéré, principal accusé au procès du putsch manqué du 16 septembre 2015 au Burkina Faso, a dit ne pas être "étonné" des attaques répétées dans le pays, ajoutant que ces assauts se font "peut-être avec des armes disparues", lors du désarmement de l’ex-Régiment de sécurité présidentielle (RSP), unité responsable du coup d’état.

Un témoignage qui enfonce Diendéré

"Des armes sont dans la nature, nous ne sommes pas étonnés qu’il y ait des attaques peut-être avec ces armes qui ont disparus", a déclaré le général Diendéré.

Il avait été appelé à la barre après le témoignage du responsable de la commission technique chargée du désarmement du RSP, après le coup d’état.

Le Colonel-major Salif Tingueri avait expliqué les difficultés rencontrées lors de cette opération faisant état "des séquestrations" de ses hommes par des "sous-officiers et militaires" qui s'étaient opposés au processus.

Pour le général Gilbert Diendéré "la précipitation avec laquelle l’opération a été menée et l’usage de la force" ont "créé des désagréments".

Il a assuré avoir "essayé de sensibiliser" les éléments après avoir été informé de ces "actes d’inconduite" mais n’avait "pas été associé" au désarmement, ayant rendu le pouvoir le 23 septembre.

Après Le Colonel-major Salif Tingueri, l’ex-directeur de la police Lazare Tarpaga a été appelé à la barre.

Dans son témoignage, il a soutenu avoir reçu le 16 septembre, jour du putsch, des appels du général Diendéré qui lui demandait son "soutien" et celui de "toute la police".


Un témoignage considéré par le parquet comme "capital" dans la thèse de "planification" du putsch par Gilbert Diendéré.

Mais le général il a nié ces accusations, qualifiant de "prototype de faux témoignage" ces propos de l’ex-directeur général de la police.

L'audition de Lazare Tarpaga devrait se poursuivre lundi.