Côte d'Ivoire : L' école toujours dans la tourmente, la grève perdure !

L' école ivoirienne dans la tourmente depuis des mois de grève

Mardi 19 mars 2019, les élèves et étudiants de Côte d'Ivoire ont lancé des manifestations éclatées en vue de réclamer la reprise des cours interrompus près de deux mois plus tôt à la suite d'une grève des enseignants du secteur public. Cette situation atteste de ce que l'école ivoirienne est toujours dans la tourmente.

L' école ivoirienne, les partenaires du système se rejettent la responsabilité

Un dispositif impressionnant de policiers de la BAE, Brigade anti-émeute, a dispersé, ce mardi, une manifestation d'élèves et étudiants, dans la commune de Cocody. Assi Fulgence Assi, Secrétaire général de la Fédération estudiantine et scolaire de Côte d'Ivoire (FESCI), avait en effet lancé l'appel à ses syndiqués de descendre dans la rue pour se faire entendre des autorités ivoiriennes. Cette commune huppée était donc transformée à l'occasion en champ de bataille. Au gaz lacrymogène des policiers, les manifestants ripostaient par des jets de pierre.

Quasiment tous les établissements sont restés fermés mardi dans le district d'Abidjan. Quant aux directions d'établissements privés, elles ont envoyé des SMS aux parents d'élèves pour les prévenir que, "pour la sécurité des enfants", les cours sont "suspendus jusqu'au lundi 25 mars 2019".

Depuis près de trois mois, l'école ivoirienne est paralysée par une grève des enseignants du primaire et du secondaire qui revendiquent, notamment, l'amélioration de leurs conditions de travail, la fin des cours le mercredi dans le primaire, une revalorisation des indemnités de logement, des paiements d'arriérés de salaire et d'autres primes.

Des négociations ont été ouvertes le 19 février avec le gouvernement, mais la Coordination des syndicats du secteur Education/Formation (COSEF) a décidé de reconduire son mot d'ordre de grève illimitée, déplorant l'absence d'interlocuteurs "crédibles" à la table de négociation pour répondre à leurs préoccupations.

La Coordination dénonce également l'emprisonnement "illégal" d'enseignants grévistes et le gel "totalement illégal" des comptes bancaires des enseignants.