Modification de loi sur la filiation en Côte d’Ivoire, un dilemme

loi sur la filiation en Côte d’Ivoire, Sansan KAMBILE

Au nom de la protection des droits de l’enfant, la loi sur la filiation en Côte d’Ivoire est en passe d'être modifiée. Le nouveau projet de loi donne pratiquement carte blanche à l’homme désireux de faire reconnaitre son fils adultérin à régulariser cette situation sans le consentement de son épouse. Forcement, la question divise comme le montre le micro-trottoir d' Afrique sur 7.

Loi sur la filiation en Côte d’Ivoire : La question divise

L’ancienne loi sur la filiation en son article 22 stipule que «la reconnaissance par le père, de l’enfant né de son commerce adultérin n’est valable, sauf en cas de jugement ou même de demande soit de divorce, soit de séparation de corps, que sur consentement de l’épouse.»

Cette loi, de l’avis de certaines personnes était plus protectrice de la famille et surtout du mariage. Avec le nouveau projet de loi sur la filiation en Côte d’Ivoire, c’est le couple, la famille, voir le principe même du mariage qui est ici sacrifié sur l’autel de la protection de l’enfant adultérin. Comme il fallait s’y attendre, cette loi ne fait pas l’humanité puisqu’elle est décriée par plusieurs femmes, mais aussi par certains hommes.

Dans le « Micro-trottoir : loi sur la FILIATION » d’Afrique-sur7.fr, une première intervenante qui nous a accordé du temps explique qu’en ces temps d’égalité entre homme et femme, ce projet de loi, s’il venait à être adopté, ferait la part belle à l’homme déjà trop fort dans le couple africain. « Si je sors pour aller faire un enfant dehors et que je le ramène, que dira l’homme ? », s’interroge-t-elle.

« Moi je ne suis pas un pot de fleur qu’il (l’homme, NDLR) va déposer à la maison et ramener les enfants comme il le souhaite. Jamais ! Il doit me prévenir et si je suis d’accord, là il n’y a pas de problème », dit-elle encore avant de rajouter : « un enfant appartient à tout le monde, mais il faut avoir du respect pour moi».

Un autre intervenant explique que ce projet de loi n’est pas « normal ». « Si ça continue comme cela, le mariage va servir à quoi ?… »

Il est cependant vrai que l'adultère reste un délit puni par la loi ivoirienne. Sa commission par une des deux parties reste un argument important dans la démarche de demande de divorce que voudra bien engager l'homme ou la femme victime. Seulement, ce nouveau projet de loi, s’il est adopté, rajouterait une difficulté supplémentaire aux problèmes de couple que rencontrent déjà certaines personnes.

Il n'est cependant pas correct non plus que l'enfant né d'une relation adultérine paie la décision de ses deux parents indélicats. Que faire ? Le ministre Sansan KAMBILE de la Justice a donc encore un gros travail de sensibilisation à faire pour faire accepter ces lois encore en projet.

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