"La loi sur la CEI, une bombe à retardement", selon Dr Boga Sacko

Loi sur la CEI: Dr Boga Sako interpelle la communauté internationale
Par Jean Kelly Kouassi
Publié le 17 août 2019 à 12:57 | mis à jour le 17 août 2019 à 12:57

Dr Boga Sacko, président de la FIDHOP, craint que la promulgation de la nouvelle loi sur la CEI par le chef de l'Etat, Alassane Ouattara, au "mépris" de l'opposition politique significative et des organisations de la société civile, n'embrase la Côte d'Ivoire au soir de l'élection présidentielle de 2020.

Loi sur la CEI: Dr Boga Sacko interpelle la communauté internationale

Véritable point de discorde entre l'opposition politique ivoirienne et le pouvoir Alassane Ouattara, la nouvelle loi sur la CEI, promulguée par le chef de l'Etat Alassane Ouattara, inquiète nombre d'observateurs de la vie politique nationale. Dans une déclaration dont la rédaction d'Afrique sur 7 a reçu copie, Dr Boga Sacko, président de la Fondation Ivoirienne pour la Démocratie, les Droits de l’Homme et la vie Politique (FIDHOP), a dit craindre une autre "guerre électorale" en 2020.

Ci-dessous l'intégralité de la déclaration de Dr Boga Sacko à propos de la nouvelle loi sur la CEI

Le lundi 5 Août 2019, le Chef de l’État ivoirien Alassane OUATTARA a tenu à promulguer sa nouvelle « LOI N°2019-708 DU 05 AOUT 2019 PORTANT RECOMPOSITION DE LA COMMISSION ÉLECTORALE INDÉPENDANTE ».

En faisant fi de l’Arrêt de la Cour Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples ;

En méprisant les principaux partis d’opposition, notamment l’Ensemble pour la Démocratie et Souveraineté (EDS) et le PDCI-RDA ;

En ignorant des ONG significatives de la Société civile ivoirienne.

POUR M. Alassane OUATTARA, sa démarche et son obstination à gouverner envers et contre la Réconciliation et la Paix sociale obéiraient au principe de la démocratie selon lequel la Majorité gouverne (comme elle l’entend) et les autres s’opposent.

Face à une telle attitude du Chef de l’État ivoirien, qui cristallise les antagonismes et qui expose surtout la Côte d’Ivoire et ses habitants à une autre guerre électorale d’ici 2020,

La FIDHOP (la Fondation Ivoirienne pour les Droits de l’Homme et la vie politique) fait quelques précisions et lance un appel à la Communauté internationale.

La FIDHOP et Boga Sacko lance un appel à la Communauté internationale

La FIDHOP précise que l’Arrêt de la Cour Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples est une Décision de justice non négociable, s’imposant à l’État de Côte d’Ivoire, à son Président et à son Gouvernement !

La FIDHOP félicite donc les partis de l’opposition ivoirienne qui ont saisi (de nouveau) la Cour Africaine, à l’effet de se prononcer sur cette nouvelle Loi-Ouattara ; ces partis ont ainsi préservé la Paix sociale dans le pays.

La FIDHOP lance cet Appel pressant à la Communauté internationale :

Chers Membres de la CEDEAO, de l’UNION AFRICAINE, de l’UNION EUROPÉENNE, de l’ONU, au regard du caractère international de la Décision de la Cour Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples, c’est maintenant qu’il vous faut agir, pour préserver la Côte d’Ivoire du pire ! Plutôt que d’envoyer des émissaires jouer les « Médecins après la mort ».

La FIDHOP rappelle toutefois à M. Alassane OUATTARA ce qui suit.

Depuis le 11 Avril 2011, la Côte d’Ivoire n’est plus une République démocratique normale ! Puisque seuls les vainqueurs de la guerre de 2010-2011 règnent sur le pays jusqu’à ce jour ; tandis que les vaincus sont réduits au néant et subissent la justice des vainqueurs.

Or, ce n’est pas démocratique que d’avoir un Parlement d’un seul parti ;

Ce n’est pas démocratique que le Chef de l’État nomme des Sénateurs ;

Ce n’est pas démocratique que de gouverner un pays par « rattrapage ethnique », perceptible dans toute l’Administration ivoirienne ;

Pire, la Démocratie s’est écroulée en Côte d’Ivoire, depuis l’adoption d’une Constitution non consensuelle dont plus de la moitié du Peuple n’a pas participé au vote.


D’où la nécessité de bâtir une CÔTE D’IVOIRE NOUVELLE, dès 2020 !

Fait à PARIS, le 17 Août 2019

Dr BOGA SAKO GERVAIS

•Enseignant-Chercheur à l’Université de Côte d’Ivoire ;

•Ex-Secrétaire Exécutif de la Commission Nationale des Droits de l’Homme de Côte d’Ivoire (CNDHCI) ;

•Président de la Fondation Ivoirienne pour la Démocratie,

Les Droits de l’Homme et la vie Politique (FIDHOP) ;

•Président du Groupe de Réflexion et d’Action pour la Démocratie et les Droits de l’Homme en Afrique (GRADDH-AFRIQUE) ;

•Ecrivain-Politique.