Putsch au Burkina: Blaise Compaoré et la Côte d'Ivoire pointés du doigt

Le rôle de la Côte d'Ivoire dans ce coup d'Etat interroge toujours alors que l'ancien président burkinabé vit désormais à Abidjan.

Blaise Compaoré, l'ancien président burkinabé.
Par Ange Atangana
Publié le 04 septembre 2019 à 12:11 | mis à jour le 04 septembre 2019 à 12:11

Interrogé sur les ondes de RFI ce mercredi 04 août 2019, l'avocat burkinabé Guy Hervé Kam révèle le rôle de Blaise Compaoré. Depuis sa destitution en 2014, l'ancien président vit en exil en Côte d'Ivoire.

Un avocat burkinabé accuse Blaise Compaoré et la Côte d'Ivoire dans le putsch de 2015.

Lundi, les auteurs du putsch manqué du 16 septembre 2015 au Burkina Faso ont été condamnés. Leurs peines vont de dix ans à trente ans de prison. S'il est satisfait de l'issue de ce procès, Guy Hervé Kom, avocat des parties civiles, dénonce le rôle joué par l"ancien président burkinabé Blaise Compaoré.

Pour l'avocat, les nombreux témoignages ont démontré le rôle de l'ancien homme fort du pays. « Il y a quand même des révélations qui ont montré qu'il y avait plusieurs mains derrière ce coup d'Etat. On a vu la main de Blaise Compaoré, on a vu la main de la Côte d'Ivoire à travers les officiers supérieurs, on a vu la main du Togo à travers des officiers », indique Guy Hervé Kom dans un entretien diffusé sur RFI ce mercredi.

L'avocat des parties civiles estime que la justice n'a pas pu aller plus loin, tant « il y avait beaucoup de personnes qui étaient impliquées mais qui malheureusement ne pouvaient pas être poursuivies ». S'agissant de Blaise Compaoré, il est maintenant difficile d'imaginer qu'il puisse être jugé. Depuis son départ du pouvoir en 2014, il vit à Abidjan. L'ancien dirigeant burkinabé a même obtenu la nationalité ivoirienne et son extradition pour le Burkina Faso semble impossible.

Pour certains observateurs, ce procès est un test réussi pour le président Roch Marc Kaboré dans un pays longtemps dirigé par des militaires. Accusé d’«attentat à la sûreté de l’Etat », de « meurtre » et de « coups et blessures volontaires », le général Gilbert Diendéré a été condamné à vingt ans de prison. Son acolyte Djibril Bassolé écope de 10 ans.



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