Mandat d'arrêt contre Soro, le Procureur Adou Richard s'explique

Adou Richard « Soro Guillaume projetait d'attenter à l'autorité de l'Etat »

Le Procureur de la République Adou Richard
Par Dreyfus polichinelle
Publié le 24 décembre 2019 à 10:00 | mis à jour le 24 décembre 2019 à 11:03

Le mandat d'arrêt international lancé contre Guillaume Soro suscite une véritable polémique à Abidjan. Le Procureur Adou Richard est donc passé sur les antennes de la télévision nationale, ce lundi 23 décembre 2019, pour justifier le bien-fondé de ses poursuites.

Adou Richard « Soro Guillaume projetait d'attenter à l'autorité de l'Etat »

Le retour annoncé de Guillaume Soro, ce 23 décembre 2019, n'a finalement plus eu lieu. Empêché d'atterrir à l'Aéroport Félix Houphouët-Boigny d'Abidjan et dérouté vers Accra, l'ancien Président de l'Assemblée nationale se verra décerner un mandat d'arrêt international par le Procureur de la République. Et pourtant, rien ne présageait un tel cas de figure. Certains observateurs n'ont donc pas manqué d'évoquer un règlement de compte politique par voie judiciaire.

Interpellé par les commentaires désobligeants qui fusait çà et là, Adou Richard Christophe est donc monté au créneau pour s'expliquer sur les poursuites engagées contre le dissident du pouvoir d'Abidjan. Au journal télévisé de 20 heures, une heure de grande écoute, le chef du parquet ivoirien a déclaré qu'il a été saisi par la DST, Direction de la surveillance du territoire, l'informant que Soro Guillaume « projetait d'attenter à l'autorité de l'Etat et à l'intégrité du territoire national ». Il indique par ailleurs que « des éléments en possession des services de renseignements, dont un enregistrement sonore, établissent clairement que le projet devrait être mis en œuvre incessamment ».

Poursuivant, il ajoute que Soro Kigbafori Guillaume, Souleymane Kamaraté Koné dit Soul to Soul et deux autres de leurs proches sont accusés par l'agent d'huissier du Trésor pour « détournement de denier publics, recel de détournement de deniers publics et blanchiments de capitaux portant sur la somme de 1,5 milliards de francs CFA ». Pour tous ces faits incriminés par le Code pénal ivoirien, le Procureur de la République Adou Richard indique donc qu' « un mandat d'arrêt a été requis contre Monsieur Soro Kigbafori Guillaume, et les mandats de de dépôt ont été requis contre les autres mis en cause ».


Notons que plusieurs proches de Guillaume Soro, notamment Alain Lobognon, Soro Kanigui, Félicien Sékongo, Koné Tehfour, Souleymane Kamaraté Koné dit Soul to Soul, et une dizaine de militants de Générations et peuples solidaires (GPS) ont été mis aux arrêts ce lundi 23 décembre 2019.