CADHP: L'OIDH dénonce un "recul démocratique" en Côte d'Ivoire

Eric Semien, président de l'OIDH
Par Jean Kelly Kouassi
Publié le 02 mai 2020 à 12:16 | mis à jour le 02 mai 2020 à 12:16

L' Observatoire ivoirien des droits de l' homme (OIDH), a réagi à la décision de retrait de la Côte d’Ivoire de « la déclaration de compétence prévue au protocole relatif à la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples ».

Retrait de la Côte d'Ivoire de la Cour africaine : L'OIDH marque sa profonde déception

Pour l’Observatoire ivoirien des droits de l’homme, cette décision de retrait qui intervient à quelque six mois de la prochaine élection présidentielle, est un véritable «recul démocratique ».

Au regard de la crispation de l'actualité socio-politique nationale, cette décision « impopulaire » émanant de l’Etat ivoirien, pourrait priver les citoyens de recours pourtant essentiels à la reconnaissance de leurs droits.

«Cette décision du retrait de la déclaration de reconnaissance de la compétence de la Cour Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples (CADHP) a pour implications immédiates la privation du droit, pour les citoyens ivoiriens, pour toute autre personne qui estime que ses droits sont violés par la Côte d'Ivoire, et aussi pour les organisations non gouvernementales dotées du Statut d’observateur auprès de la Commission Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples, de saisir cette juridiction régionale », estime l’ OIDH.

À en croire l'organisation dirigée par Éric Semien, la déclaration faite par l'Etat de Côte d’Ivoire en juin 2013 de permettre aux individus et aux ONG de pouvoir saisir la Cour, était entre autres le fruit d'un travail acharné de plaidoyers des organisations de la société civile ivoirienne depuis 2011, après la crise postélectorale.

Cette déclaration permettait aux victimes de toutes sortes de pouvoir bénéficier de recours et obtenir réparation éventuellement.


Pour l’OIDH, la réaction de l’Etat de Côte d’Ivoire vient saper le couronnement de plusieurs années de plaidoyers initiés par les ONG de défense des droits humains à l’effet de rapprocher cette juridiction régionale des justiciables ivoiriens «qui se sentiraient lésés dans leurs droits au niveau interne ».




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