Côte d'Ivoire: Voici pourquoi il ne faut pas brûler Yodé et Siro

Côte d'Ivoire: Voici pourquoi il ne faut pas brûler Yodé et Siro
Par Jean Kelly Kouassi
Publié le 04 décembre 2020 à 16:35 | mis à jour le 04 décembre 2020 à 16:35

Le duo d’artistes ivoiriens, Yodé et Siro, a été condamné à 12 mois d’emprisonnement avec sursis, assorti d’une amende de 5 millions de FCFA chacun et 5 ans de mise à l’épreuve durant lesquels ils ne doivent plus se rendre fautifs des mêmes délits.

Me N’dry Claver: « Il ne faut pas voir l’expression de Siro comme une attaque personnelle contre quelqu’un»

Yodé et Siro ont été convoqués, mercredi 2 décembre 2020 à la brigade de recherches de la gendarmerie nationale. Leur tort, ils ont effectué de sévères critiques à l’encontre du procureur Adou Richard qu'ils accusent de partialité dans la conduite des enquêtes concernant les violences électorales d'octobre. « Le procureur (…) est le procureur d’un seul camp. C’est quel pays ? Allez dire au procureur Adou Richard qu’un mort est un mort », ont-ils décrié lors d’une prestation à l’ Internat, un espace de divertissement situé dans la commune populaire de Yopougon. Inculpés pour « outrage à magistrat », les deux chanteurs ont été condamnés à 12 mois d’emprisonnement avec sursis.

Chef de file de l'opposition, Henri Konan Bédié a dénoncé une « instrumentalisation de la justice ». « Une fois encore, la justice de notre pays a montré qu’elle est instrumentalisée. Yodé et Siro, faut-il le rappeler, ont dit tout haut ce que les Ivoiriens pensent tout bas », s’est-il exprimé, peu après l'annonce du verdict du procès. Yodé et Siro sont connus pour être des artistes engagés.

Du régime d'Henri Konan Bédié en passant par Laurent Gbagbo, et aujourd’hui Alassane Ouattara, aucun n’a été épargné par les critiques de ces deux compères. « Il ne faut pas voir l’expression de Siro comme une attaque personnelle contre quelqu’un, mais plutôt comme un moyen d’attirer l’attention des pouvoirs publics sur ce que le peuple dit en bas, comme on le dit chez nous. Ce n’est rien d’autre que la recherche de prise de décision pour permettre à la société ivoirienne de mieux se sentir », a réagi Me N’dry Claver à l’issue du procès.


Pour cet avocat,Yodé et Siro sont les « voix des sans voix » qui ne sont affiliées à aucun bord politique et qui, depuis 1996, date de leur premier album, sont restés constants. « Alors, qu’on ne personnalise pas le débat », a-t-il tenu à préciser. Quant à la décision de faire appel ou non de la décision des juges, Me N’Dry Claver a indiqué que cela est de l’appréciation des deux mis en cause.






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