Au Maroc, une coupe d’Afrique aux standards inédits

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« Cette réussite marocaine est aussi une réussite africaine. » La phrase, extraite du
communiqué du Cabinet royal publié au lendemain de la finale, clôt une Coupe d’Afrique des
nations qui aura durablement marqué les standards de la compétition. Les chiffres donnent la
mesure : 1,34 million de spectateurs dans les stades, 52 rencontres, près de 26 000 personnes
par match, et une hausse de plus de 90 % des revenus commerciaux, selon la Confédération
africaine de football. Jamais la CAN n’avait atteint une telle intensité économique et logistique.

La CAN, une réussite grandissante

Devant le stade Prince Moulay-Abdellah, à Rabat, les soirs de match, les files s’étirent bien
avant le coup d’envoi. Supporters sénégalais, maliens, nigérians ou marocains se croisent,
maillots sur le dos, téléphones à la main. « On a l’impression d’être à une Coupe du monde »,
glisse Issa, venu d’Abidjan, impressionné par la fluidité des contrôles et la qualité des
installations. Autour, vendeurs ambulants et cafés improvisés prolongent le match bien après le
dernier coup de sifflet. Pelouse digne d’un “jardin” des grands soirs, tribunes couvertes, restauration
intégrée : les enceintes rénovées ou livrées à temps affichaient des standards rarement vus sur
le continent africain.

L’organisation n’a pourtant pas été sans accrocs. La billetterie a suscité des critiques en début
de tournoi, certains accès ont connu des engorgements, et la finale a laissé une trace plus
sombre. Celle-ci a été, selon les mots mêmes du communiqué royal, « tristement entachée »
par « de fâcheux incidents et de très déplorables agissements » survenus dans les dernières
minutes du match entre le Maroc et le Sénégal. Une reconnaissance officielle qui n’a toutefois
pas éclipsé le déroulement global du tournoi, ni la solidité du dispositif sécuritaire déployé dans
les six villes hôtes. « Il y a eu des ajustements permanents, l’État a tenu la barre », observe un
responsable de la CAF, sous couvert d’anonymat.

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Car le cœur du message marocain était ailleurs : démontrer une capacité d’organisation à
grande échelle. Neuf stades ultramodernes, répartis entre Rabat, Casablanca, Tanger,
Marrakech, Agadir et Fès, des dessertes ferroviaires renforcées, des aéroports modernisés, des
fan-zones structurées : jamais une CAN n’avait disposé d’un tel maillage. Plus de 120 projets
d’infrastructures et de réhabilitation ont été menés en amont, tandis que 600 000 à un million de
visiteurs internationaux étaient attendus, pour des retombées touristiques estimées à plus de 12
milliards de dirhams.

La CAN au Maroc était d’une organisation de niveau mondial

Dans les tribunes officielles, les observateurs ont pris note. Patrice Motsepe, président de la
CAF, a salué « une organisation de niveau mondial » et remercié explicitement Mohammed VI,
le gouvernement et la Fédération royale marocaine de football pour leur « engagement total en
faveur du football africain »
. L’instance continentale a qualifié l’édition marocaine de plus
florissante jamais enregistrée, portée par un portefeuille élargi de sponsors et une montée en
puissance des droits télévisés, notamment en Asie.

Cette CAN n’est pas apparue par surprise. Depuis plus de quinze ans, le Maroc investit dans un
écosystème sportif complet : académies, centres de formation, football féminin, futsal, arbitrage.
Les résultats sportifs ont accompagné l’effort. Après l’épopée des Lions de l’Atlas au Mondial
2022, les sélections de jeunes ont confirmé la dynamique, avec le sacre mondial des U-20 et
des titres continentaux chez les U-17.

Dans les rues de Rabat ou de Tanger, l’enthousiasme est réel. « On est fiers que ça se soit bien
passé, malgré les campagnes de dénigrement extérieur »
, confie Azzedine, 26 ans, bénévole
dans un stade, ancien manifestant lors des mobilisations sociales de l’automne.

Le rayonnement de l’Afrique accentué par le Maroc

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« Le Maroc reste fier d’avoir offert, sur sa terre, un mois de joie populaire et d’émotion sportive,
et d’avoir contribué au rayonnement de l’Afrique et de son football »
, se félicitent les autorités
marocaines. « Rien ne saurait altérer la proximité cultivée au fil des siècles entre nos peuples
africains, ni la coopération fructueuse construite avec les différents pays du continent, renforcée
par des partenariats toujours plus ambitieux »
, ajoute Rabat.

À quelques années de la Coupe du monde 2030, cette CAN aura servi de galop d’essai
grandeur nature, mais aussi redéfini, pour longtemps, les standards de la compétition phare
africaine.


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