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Côte d’Ivoire : baisse du prix du cacao, les planteurs en colère

Josué Sossou
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Côte d'Ivoire : deux leaders d'organisations de planteurs de cacao incacérés
Côte d’Ivoire : deux leaders d’organisations de planteurs de cacao incacérés

En Côte d’Ivoire, après un prix record de 2 800 francs CFA le kilo lors de la campagne principale, le gouvernement a fixé désormais le prix du cacao de la campagne intermédiaire à 1 200 francs CFA. Une chute de près de 60 %, liée au recul des cours mondiaux qui énerve, les cacaoculteurs.

Côte d’Ivoire : descente du prix du cacao, les planteurs manifestent leur grande colère

Dans un reportage, RFI s’est intéressé à la réaction des cacaoculteurs quelques heures après la baisse drastique du prix du cacao en Côte d’Ivoire. L’annonce d’un prix en forte baisse pour la petite campagne ne fait qu’accentuer les difficultés de la filère selon un responsable de coopérative au micro du média français : « Le producteur est déjà rassuré du moment où son cacao est à la coopérative que le cacao sera acheté à 2 800, ce qu’elle ne peut pas se permettre, puisque ce qui a été annoncé actuellement c’est 1 200. Qui paye le gap en fait ? »

Le moins qu’on puisse dire c’est que les producteurs s’attendaient bien à une baisse du prix, mais pas à une chute aussi brutale. Laurent Kouakou Koffi exploite six hectares de cacao à quelques kilomètres d’Agboville et s’est confié à RFI : « Le prix que, hier, nous avons entendu là, vraiment ça nous a abasourdis. Je ne peux pas comprendre que de 2 800, on retombe encore à 1 200. Ça tape à plein fouet le portefeuille du planteur. C’est-à-dire que tout ce qu’on a prévu est voué à l’échec. »

Bakary, un autre cacaoculteur installé dans la zone, affirme avoir une dizaine de tonnes de cacao encore stockées dans sa coopérative depuis décembre dernier. Il s’est montré plus pragmatique face à ce tarif en baisse : « 1200 FCFA, c’est bon. J’aurais de l’argent pour m’occuper de mes enfants. Quand le prix est à 2 800, nous n’arrivons pas à vendre. Ça ne sert à rien parce que nous n’arrivons pas à avoir notre argent. Nous avons des enfants qui vont à l’école. Si tu n’as rien à leur donner, ils viendront s’asseoir à la maison. »

La crise du cacao en Côte d’Ivoire est loin d’être à sa fin.

Rédigé par

Josué Sossou

Josué Sossou, Journaliste et analyste politique béninois, j'observe et critique l’actualité africaine. Engagé pour la démocratie, la liberté d’expression et l’État de droit, je partage avec vous tous les sujets importants de l'actualité africaine

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