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La Côte d’Ivoire prend une mesure significative pour renforcer son intégration économique africaine. Le pays a adopté une ordonnance qui prévoit une réduction progressive des droits de douane sur des milliers de produits. Cette décision s’inscrit dans le cadre de l’Accord de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), un projet ambitieux pour stimuler le commerce intra-africain.
Démantèlement tarifaire progressif
Le Conseil des ministres ivoirien a validé la suppression graduelle des taxes douanières sur 5516 lignes tarifaires non sensibles. Ces produits, considérés comme peu critiques pour la sécurité alimentaire, les finances publiques et la stabilité économique, verront leurs droits de douane diminuer de 10% chaque année.
L’objectif est d’atteindre un taux nul dans une décennie, conformément au principe de réciprocité entre les nations membres. Il est important de noter que cette mesure n’affecte pas les autres prélèvements appliqués à l’importation.
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Cette initiative fait suite à la ratification de l’accord de la ZLECAf par la Côte d’Ivoire en novembre 2018. L’ambition de cet accord est de créer un marché unique africain pour les biens et les services. On espère que cela dynamisera les échanges commerciaux entre les pays africains et accélérera l’intégration économique du continent.
Selon un rapport de la Banque mondiale publié en 2020, la Côte d’Ivoire pourrait devenir le principal bénéficiaire de cette zone de libre-échange. Le pays pourrait enregistrer une augmentation de ses revenus de 13,5% d’ici 2035, soit la plus forte progression anticipée en Afrique. Cette croissance s’expliquerait par la diminution des coûts commerciaux, qui figurent parmi les plus élevés du continent actuellement.
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Opportunités et actions concrètes
Grâce à la ZLECAf, la Côte d’Ivoire a l’opportunité de consolider ses échanges commerciaux avec les autres nations africaines. Cela pourrait stimuler considérablement son développement économique. Le pays pourrait même surpasser des économies majeures comme le Nigeria et l’Afrique du Sud, dont l’augmentation des revenus serait moins importante selon les prévisions.
Des actions concrètes ont déjà été mises en œuvre par la Côte d’Ivoire pour faciliter l’application de cet accord. En juillet 2021, un atelier national a permis de former les petites entreprises aux procédures d’exportation intra-africaine. De plus, en décembre 2023, une stratégie dédiée au secteur privé pour la période 2024–2028 a été adoptée. Cette stratégie vise à renforcer la compétitivité des entreprises ivoiriennes et à favoriser leur intégration au sein du marché unique africain.
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Dans un contexte international complexe, marqué par l’instauration de nouvelles taxes douanières par les États-Unis en avril 2025, la ZLECAf apparaît comme un atout stratégique. Elle pourrait renforcer la résilience des économies africaines. En développant les échanges commerciaux entre eux, les pays africains peuvent réduire leur dépendance aux marchés mondiaux. La ZLECAf offre ainsi une alternative face aux pressions économiques externes.
Le rapport 2024 de l’Africa Agricultural Trade Monitor (ReSAKSS) souligne que la Côte d’Ivoire est déjà un acteur majeur du commerce agricole intra-africain. Le pays se classe comme le 4ᵉ exportateur net du continent, avec un excédent de 285,8 millions de dollars. L’agriculture, secteur dans lequel la Côte d’Ivoire excelle, notamment en tant que premier producteur mondial de cacao, pourrait devenir un moteur essentiel de sa compétitivité régionale. Ce secteur jouera un rôle vital dans l’intégration économique du pays dans le cadre de la ZLECAf. À ce jour, une majorité significative de pays africains, soit 48 sur 54, ont ratifié l’accord. Cela témoigne d’un engagement collectif fort envers cette vision panafricaine de transformation économique.
