Ouganda : L'opposition, Museveni a (encore) tripatouillé la Constitution

Le président ougandais Yoweri Museveni
Par Timothée Jean
Publié le 03 janvier 2018 à 19:03 | mis à jour le 03 janvier 2018 à 19:03

Frappé par la limite d’âge, Yoweri Museveni a réussi à trouver une parade pour se présenter aux prochaines élections de 2021. Il a promulgué, ce mardi, la réforme de la Constitution supprimant la limite d’âge de 75 ans pour prétendre à la présidence. L’opposition dénonce un plan bien orchestré par le président ougandais pour se maintenir au pouvoir.

« Museveni est le principal bénéficiaire de cette fraude constitutionnelle »

Le président Yoweri Museveni est à la tête de l’Ouganda depuis 1986. Âgé de 73 ans, le Chef de l’État ne pouvait plus prétendre à la magistrature suprême, d'autant plus que l’article 102 ancien de la Constitution stipulait que pour être candidat à l’élection, il faut être âgé de 35 à 75 ans. Une disposition qui empêchait l’actuel Président de briguer un sixième mandat en 2021, car il sera âgé de 76 ans à cette date.

Mais, Yoweri Museveni a initié, quelques mois en arrière, un projet visant à modifier la loi afin de devenir éligible à sa propre succession. Cette suppression de la limite d'âge a suscité de vives tensions à l’Assemblée nationale du pays. Après des coups de poings, cris, dossiers qui volaient et chaises lancées sur des députés, le Parlement ougandais a fini par approuver le texte le 20 décembre 2017, 315 voix contre 62 et deux abstentions.

Cette réforme constitutionnelle n’était pas encore rentrée en vigueur jusqu’à ce mardi 02 janvier. « Le président a donné son consentement au projet de loi et il a maintenant force de loi », a déclaré Don Wanyama, porte-parole du président ougandais. Cette déclaration officialise donc l'entrée en vigueur du texte et le Président Museveni devient donc éligible à sa propre succession.


Mais pour ses adversaires, cette modification constitutionnelle n’est pas une surprise, car l'actuel président Ougandais n’en est pas à son premier tripatouillage constitutionnel. Il a déjà réussi à faire sauter le verrou de la limitation des mandats lors du référendum en 2005, estiment-ils. « Cette ratification de la loi est un plan bien orchestré pour maintenir Museveni au pouvoir à vie. Il est le principal bénéficiaire de cette fraude constitutionnelle », a déclaré le chef de l’opposition, Kizza Besigye.