Armée ivoirienne: Un ex-chef de Licorne cite les erreurs de Ouattara
L’ armée ivoirienne va mal et ce n’est un secret pour personne. Pour Bruno Clément-Bollée, ancien général français de la Force Licorne en Côte d’Ivoire, Alassane Ouattara a fait plusieurs erreurs qui sont le résultat de l’actuel malaise au sein de la grande muette.
L’éviction de soldats dit pro-Gbagbo, première erreur de Ouattara
La crise ivoirienne de 2010-2011 a causé plusieurs bouleversements au plan économique, social, mais aussi militaire. En effet, plusieurs généraux ayant servi sous le régime du président Laurent Gbagbo ont été remplacés, certains se sont exilés à l’étranger et d’autres ont été écroués pour le rôle qu’ils ont joué avant, pendant et après la crise postélectorale.
Pour Bruno Clément-Bollée, ancien général français qui a commandé l’opération Licorne de 2007 à 2008, la mise à l’écart de ces généraux bien formés et expérimentés qui ont servi sous l’ancien régime est une des causes du désordre observé au sein des forces armées de Côte d’Ivoire (FACI).
« Au moment de la sortie de crise, tout l’encadrement de l’armée du président Gbagbo était en fait constitué de cadres qui avaient été formés un peu partout, en Europe, aux États-Unis. Quand on a reformé l’armée, on s’est méfié de ces cadres qui avaient servi l’autre président et on les a écartés », a indiqué le haut gradé sur les antennes de RFI.
Rappelons que dès son accession au sommet de l’État, le Président Alassane Ouattara a procédé à plusieurs nominations à la tête des différentes unités de l’armée. Parmi les promus figurent les ex-Commandants de zone (com’zone), dont certains étaient entre le grade de caporal-chef et de sergent-chef. Ils sont pratiquement tous devenus des colonels.
Selon le général français à la retraite, mettre ces cadres de l’ex-rébellion à la tête de l’armée est inadmissible. « On ne fait pas, du jour au lendemain, avec des caporaux-chefs des commandants de bataillon», estime-t-il.
Bruno Clément-Bollée révèlera également que ces généraux promus sont aujourd’hui à la tête d’anciens FAFN (Forces armées des forces nouvelles) qui n’ont connu aucune formation militaire et qui ont rejoint par la force des choses l’armée ivoirienne. « Ce sont des soldats qui n’ont pas eu de formation initiale (…) Vous imaginez que, sans formation initiale, l’éthique et le comportement qu’on peut attendre de ces soldats ? » a-t-il conclut.
Articles similaires
Orpaillage illégal : la Côte d’Ivoire, un cas non isolé en Afrique
En Côte d’Ivoire, l’orpaillage illégal fait des dégâts et prend des proportions inquiétantes ces dernières années. Le phénomène implique un enjeu majeur à la fois…
Détournements de fonds publics, litiges fonciers, orpaillage clandestin : la Côte d’Ivoire du désordres
Détournements de fonds publics, litiges fonciers et orpaillage clandestin : chiffres officiels, affaire Komé Bakary et échéances qui attendent la Côte d'Ivoire.
Côte d’Ivoire : l’assurance automobile se digitalise avec Orange
La Côte d’Ivoire accélère la convergence des technologies de paiement mobile et des services financiers spécialisés à travers l’intégration de l’offre du courtier Baloon au…