Tirs à Bouaké : Issiaka Ouattara alias Wattao impliqué

Issiaka Ouattara, Commandant de la Garde républicaine

Issiaka Ouattara, ancien leader de la rébellion armée qui a aidé à l'avènement d' Alassane Ouattara au pouvoir, est soupçonné d’avoir joué un rôle important lors de la dernière attaque des militaires contre le camp du CCDO de Bouaké.

Issiaka Ouattara dans le collimateur de la Justice

Mardi 9 janvier 2018 à Bouaké, la Côte d'Ivoire est passée de peu à côté d'une guerre entre ses propres soldats. En effet, la base du Centre de Coordination des Décisions Opérationnelles (CCDO) a été mitraillée par un groupe de militaires du 3e bataillon. Ces soldats furieux auraient bombardé à coup de roquettes le camp déserté par les éléments du CCDO.

Les murs ont été criblés de balles, des mobiliers détruits et d’autres outils de travail saccagés. Les autorités ivoiriennes ont vite dépêché du renfort sur les lieux pour ramener le calme. Le Gouvernement juge cette violence des militaires inappropriée et a ouvert une enquête pour situer les responsabilités.

Après quelques semaines d’accalmie, les langues semblent se délier sur les raisons qui ont poussé les militaires à sortir de leur caserne. À en croire les sources proches de l’État major ivoirien, le lieutenant-colonel Issiaka Ouattara dit, Wattao, Commandant de la Garde républicaine, est soupçonné d’avoir joué un rôle important dans cette attaque des militaires.

Des conversations téléphoniques interceptées par les services secrets ivoiriens seraient à l’origine des accusations portées contre cet ancien seigneur de guerre des Forces nouvelles. Si l’on ignore encore son degré d’implication dans l’affaire des tirs à Bouaké, certains hauts gradés évoquent une future interpellation ou arrestation du Colonel.

À noter que jusqu’ici, aucun des anciens Commandants de zones (Com'zones) faisant partie de la rébellion dirigée à lépoque par Guillaume Kigbafori Soro n’a encore comparu devant un tribunal. Soupçonnés de graves crimes de guerre, ils sont réclamés par la CPI, mais le régime d’Alassane Ouattara a toujours refusé d’accéder à cette demande.

Il pourrait ne pas échapper à la justice dans le cadre de cette affaire de bataille entre soldats qui a sérieusement ébranlé le pouvoir en place.