Côte d'Ivoire : Menacé, le RDR veut prendre son destin en main

Adama Bictogo, vice-président du RDR (photo d'illustration)

Pour la présidentielle de 2020, le RDR souhaite fusionner avec le PDCI-RDA. Mais des voix discordantes se font entendre du côté du parti d’Henri Konan Bédié. Menacé d’un possible refus, le parti d’Alassane Ouattara envisage de changer de stratégie afin d’éviter d’être désillusionné en ce qui concerne la création du Parti unifié.

Bictogo formel : « Le RDR ne fera pas la mendicité politique »

Le PDCI et le RDR sont les deux partis phares du Rassemblement des Houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP). Toutefois, la coalition au pouvoir bat de l'aile ces derniers temps et des dissensions se sont clairement déclenchées autour de l’alternance 2020.

Le parti septuagénaire insiste en effet pour qu'un militant actif du PDCI soit le candidat du RHDP à la prochaine présidentielle. « Le PDCI aura un candidat en 2020. Ce sera le candidat unique du RHDP », avait déclaré le président Bédié au cours d'une interview accordée à Jeune Afrique. En d'autres termes, le RDR devra se rallier à cette candidature PDCI quitte à tuer l’alliance.

Notons que le jeu politique en Côte d’Ivoire se déroule autour de la question des alliances. Les partis qui forment une coalition ont plus de chance de gagner l’élection présidentielle. Et le RDR qui est le grand bénéficiaire de ce jeu d'alliance depuis la présidentielle de 2010 en sait quelque chose. Car il est aujourd'hui indéniable en Côte d'Ivoire qu'un parti politique puisse gagner à lui tout seul des élections.

Toutefois, le RDR a tenu à rappeler qu’il veut aller au Parti unifié, mais qu’il ne dépend pas de son allié PDCI. « Au RDR, nous avons de la dignité. Nous ne ferons pas la mendicité politique », a affirmé Adama Bictogo, vice-président du RDR.

Cette déclaration de l’ancien ministre est à la fois une mise en garde et une riposte contre Jean-Louis Billon, porte-parole du PDCI, qui déclarait lors de la cérémonie d’hommage à Bédié que « le temps des sacrifices est terminé. Nous attendons de nos partenaires le même sens du sacrifice comme l’a fait le PDCI-RDA en 2010 et en 2015 (…) Sans le PDCI, le RHDP n’est rien. Sans le PDCI, il n’y a pas de RHDP ».

Poursuivant, le patron de Snedai a fait savoir que le projet d’un RHDP uni va se réaliser en dépit des exigences des frondeurs. « Le parti unifié se fera bel et bien sans Billon, sans Guikahué et consorts », a-t-il souligné.