Côte d’Ivoire : Bédié évoque complot pour "déstabiliser" son parti

Henri Konan Bédié
Par Yacouba Bamba
Publié le 09 octobre 2018 à 10:00 | mis à jour le 09 octobre 2018 à 10:00

Le président du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI, ex-mouvance présidentielle), Henri Konan Bédié, a dénoncé lundi à Daoukro (centre) "un harcèlement judiciaire" orchestré par son ex-allié, le chef de l’Etat Alassane Ouattara, pour "déstabiliser" sa formation politique, en proie à des dissensions internes.

Bédié dénonce un acharnement de Ouattara contre son parti

"Instrumentalisant certains de nos militants aux ordres, le régime en place a orchestré un harcèlement judiciaire du PDCI-RDA pour" le "déstabiliser", a déclaré M. Bédié, dans son discours, à l’ouverture d’une réunion du bureau politique de son parti, à Daoukro, son fief.

Pour l’ex-chef de l’Etat, les dissensions au sein de son parti cachent en réalité des "complots visant à le déstabiliser et à le faire disparaître".

La justice ivoirienne a récemment ordonné "la suspension" des décisions prises le 17 juin par une première réunion du bureau politique dont la principale avait été la rupture entre le PDCI et la coalition au pouvoir dirigée par le Rassemblement des républicains (RDR) du chef de l’Etat Alassane Ouattara.

Autres décisions "suspendues" par la justice : le report de la date du congrès ordinaire du PDCI et, surtout, la prolongation du mandat de Henri Konan Bédié à la tête du parti au-delà de la date du 6 octobre, marquant la fin de ses cinq ans de présidence.

"Convaincu de son bon droit, le PDCI-RDA rassure ses militants et sympathisants qu’il ne tolérera plus jamais l’immixtion d’un quelconque juge aux ordres dans les affaires du PDCI-RDA", a avertit M. Bédié, sous les applaudissements de ses partisans rassemblés dans la salle de conférence de l’hôtel de la paix de Daoukro.

Sur un ton offensif, il a assuré que son parti "ne saurait accepter de laisser prospérer" en Côte d’Ivoire "un Etat de non-droit que veut promouvoir ce régime autoritaire" de M. Ouattara.

Pour "faire échec à ces dérives antidémocratiques et liberticides", il a appelé ses partisans et les Ivoiriens "à la mobilisation".

Selon lui, la justice "pourra prononcer 1.000 fois la suspension des organes" du PDCI "sans faiblir (la) détermination" du parti à présenter son propre candidat à la présidentielle de 2020.



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