Côte d’Ivoire: "Jeter un discrédit" sur un autre pouvoir est "inacceptable“ (Kambilé)

Sansan Kambilé

Le ministre de la Justice et des droits de l’homme, Sansan Kambilé, a jugé dimanche à Abidjan, "inacceptable" que le pouvoir législatif s’est "autorisé à jeter un discrédit" sur le pouvoir judiciaire, après que le vice-président de l’Assemblée nationale ivoirienne, Privat Oulat, ait déclaré qu’"il est nettement mieux d’avoir une justice outillée, qui réponde véritablement aux aspirations du peuple", dans une déclaration.

Sansan Kambilé souhaite que les parlementaires laissent la justice faire son travail

"Le fait pour un député (…) de s’autoriser à jeter un discrédit sur un autre pouvoir constitutionnel est inacceptable", a déclaré M. Kambilé, ajoutant que cela "ne saurait être toléré", dans une note portant son seing.

Vendredi, le bureau de l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire avait demandé à la justice, "la suspension des poursuites" contre le député du Plateau (centre des affaires d’Abidjan) Jacques Ehouo, "inculpé" dans une affaire de détournement de fonds publics, estimés à plus de 5 milliards.

Dans son discours, M. Oulat avait affirmé que "les députés qui ont voté les dispositions légales connaissent, mieux que quiconque, l’esprit et la lettre des différents articles de la Constitution".

M. Kambilé a souligné qu’être "député d’une législature ne signifie pas qu’on a voté toutes les lois (ni) qu’on en connaît mieux que quiconque, l’esprit et la lettre" de celles-ci.

Le garde des Sceaux a rappelé que "les animateurs du pouvoir judiciaire ne font qu’appliquer les lois de la République", précisant que "le magistrat est protégé contre toutes formes d’ingérence, de pression, d’intervention ou de menace ayant pour effet de nuire à l’accomplissement de sa mission".

Le ministre de la Justice a par ailleurs expliqué que la Constitution a prévu les pouvoirs législatifs et judiciaires, dont la première a la fonction d’"édiction" des lois et la seconde s’occupe de son "application".

Sansan Kambilé a finalement appelé les parlementaires "au respect de l’indépendance du pouvoir judiciaire".