CPI : Acquittement de Gbagbo et Blé Goudé, Ouattara prend acte

CPI : Alassane Ouattara perd acte pour Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé
Par Gary SLM
Publié le 16 janvier 2019 à 19:35 | mis à jour le 16 janvier 2019 à 19:38

Le Président Alassane Ouattara de la Côte d'Ivoire a pris acte mercredi de l'acquittement de Laurent Gbagbo et du ministre Charles Blé Goudé par la CPI. C'est le porte-parole du gouvernement M. Sidi Tiémoko Touré qui a dit dans son compte rendu d'après conseil des ministres que le chef de l'État et ses collaborateurs prenaient acte de la décision de la cour.

L'avis d' Alassane Ouattara sur l'acquittement de Laurent Gbagbo et Blé Goudé

Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé faisaient l’objet de poursuites de la part de la CPI qui les accusait d’avoir commis des crimes contre l’humanité lors de la crise postélectorale de 2010. Après plus de 7 années de détention pour l’ancien Président Laurent Gbagbo et environ 4 ans pour son ministre Charles Blé Goudé, les juges de la CPI ont décidé à la majorité que le procureur n’avait pas apporté la preuve de leur culpabilité. Ils ont donc été acquittés des charges portées contre eux par l’accusation.

Depuis, des scènes de liesses et de joie se sont multipliées en Côte d’Ivoire après la décision des juges. D’autres personnes regrettent en revanche cette décision de la CPI. Dans son communiqué d’après conseil des ministres, le porte-parole du gouvernement M. Sidi Tiémoko Touré a affirmé que le chef de l’État et le « gouvernement » prenaient « note de la décision rendue par la cour pénale internationale. Le Gouvernement prend également note de la décision du procureur de la CPI de faire appel de cette décision. »

Dans le même communiqué, le chef de l’État Alassane Ouattara et ses ministres font savoir qu’ils ont « une pensée pour les victimes et les assure de leur soutien… Des mesures additionnelles seront prises au point matériel et financier en faveur des victimes de la crise postélectorale en vue de les soulager et soutenir davantage. »

Le Pdt Alassane Ouattara et ses collaborateurs souhaitent en revanche « que cette décision aille dans le sens de la décrispation », chemin sur lequel ils se sont déjà engagés à travers l’ordonnance d’Amnistie prise en faveur de Simone Gbagbo et de plusieurs centaines d’autres personnalités politiques poursuivies pour des délits en lien avec la crise postélectorale de 2010.

Sansan KAMBILE n'a aucune information sur des poursuites contre Gbagbo

À la question de savoir si Laurent Gbagbo fera l’objet de poursuites à son arrivée en Côte d’Ivoire, le Garde des Sceaux, ministre de la Justice M. Sansan KAMBILE a confié : « Depuis 2011, de nombreuses procédures ont été engagées contre plusieurs personnes. Pour le reste, je n’ai pas d’information particulière. Au moment venu, s’il est en Côte d’Ivoire, la justice avisera. Pour le moment, je ne peux préjuger. »

À noter que le 6 aout dernier, à la veille de la fête de l'indépendance de la Côte d'Ivoire, le Président Ouattara avait pris une ordonnance d'Amnistie en faveur de 800 accusés. Il disait par ce geste son souhait d'un apaisement du climat politique en Côte d’Ivoire. Il avait ouvert la porte au retour de tous les Ivoiriens exilés avec abandon des poursuites engagées contre certains d'entre eux.

Avec cette libération de Laurent Gbagbo, le pouvoir d'Abidjan espère que le père du multipartisme en Côte d’Ivoire s'inscrira dans une démarche pacifique pour le bien des Ivoiriens.

Peu après la communication du gouvernement, la CPI a confirmé ce mercredi à 15h30 aux Pays-Bas la libération de Laurent Gbagbo et son bras droit Charles Blé Goudé. L'appel introduit par le procureur de la CPI pour empêcher leur sortie de prison venait ainsi d'être rejeté.



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