Côte d'Ivoire: Comment l'État veut casser la grève des enseignants

L'école, toujours otage du bras de fer entre l'Etat ivoirien et les enseignants.
Par Parfait Tadjau
Publié le 24 février 2019 à 19:21 | mis à jour le 24 février 2019 à 19:25

Les cours ne reprendront pas, lundi 25 février 2019, en Côte d'Ivoire. Face aux "mépris et pratiques" de l'État, la COSEF maintient sa grève illimitée lancée, il y a plusieurs semaines.

L'ÉTAT POURSUIT SON BRAS DE FER AVEC LES GRÉVISTES

Ci-après, la déclaration de la COSEF, Coalition du secteur éducation-formation, reconduisant la suspension des enseignements dans les écoles primaires, secondaires, techniques et de formation professionnelle.

L'Etat ne veut concéder aucun des points de revendications des enseignants de Côte d'Ivoire. Évidemment, cette attitude frise le mépris.

Mais, conscients de la réaction des enseignants qu'une telle position radicale de l'autorité suscite, certains membres du MENETFP (ministère de l'Éducation nationale, de l'enseignement technique et de la formation professionnelle, ndlr) espèrent, vainement, jouer les cartes de la division, des représailles financières (probables ponctions fin février), du chantage sur les leaders intrépides et de la menace tous azimuts contre les lutteurs.

Dans cette logique, ils multiplient les initiatives sectaires et dénuées de bon sens, en espérant manipuler certains de nos frères de lutte.Tout ça, parce qu'ils ne veulent pas revaloriser nos minables indemnités de logement, parce qu'ils ne veulent pas que l'instituteur se repose un peu les mercredis, que justice soit faite aux enseignants ex-contractuels, que nos primes liées aux examens scolaires devenues totalement anachroniques soient bonifiées...

Face à ce refus du minimum de compréhension de notre aspiration aux conditions de vie et de travail dignes, nous n'avons de choix que de poursuivre le combat, dès ce lundi 25 février 2019, jusqu'à ce qu'une réponse plus audible nous soit donnée.

Tout esprit non égocentriste doit rester sourd aux appels à la désolidarisation, à la trahison de sa propre famille professionnelle. Le faire, fera de lui un pâle renégat qui portera sur sa conscience, la honteuse lourde responsabilité de ses ignominies et de ses turpitudes.

Poursuivons le combat, ce lundi 25 février, dans la dignité, car Dieu, l'autorité suprême, fera aboutir cette noble lutte.


Pacôme Attaby

Porte-parole de la COSEF




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