Foncier rural, orpaillage clandestin : Assi Fulgence Assi parle

Assi Fulgence Assi sort de sa réserve

Assi Fulgence Assi est sorti de sa réserve dans le débat sur les étrangers, l'orpaillage clandestin et la fraude sur la nationalité. L'ex-secrétaire général de la Fédération estudiantine et scolaire de Côte d'Ivoire (FESCI) a livré une déclaration à travers laquelle il s'adresse à la classe politique ivoirienne.

Assi Fulgence Assi se prononce

Assi Fulgence Assi ne tient pas à rester silencieux face à l'actualité sociopolitique de la Côte d'Ivoire. L'ancien homme fort de la FESCI a réagi dans le débat qui fait rage sur l' orpaillage clandestin, la fraude sur la nationalité et la question du foncier rural. Ci-dessous l'intégralité de la déclaration d' Assi Fulgence Assi :

L’actualité de notre chère patrie est secouée depuis peu par l’évocation de faits attribués aux étrangers. Comme d’accoutumé, la question identitaire resurgit et exacerbe les tensions à la veille des périodes pré-électorales, et ce, depuis 1990.

Face à cette situation à moins de 2 ans des élections présidentielles de 2020, il nous parait opportun de nous prononcer.

La polémique peint un tableau alarmant de notre pays à travers un certain nombre de problèmes structurels qui seraient le fait des étrangers.

Il s’agit en occurrence de la présence d’individus possédant illégalement des armes à feu - de l’orpaillage clandestin - de l’immigration illégale - de l’ établissement frauduleux de pièces administratifs et de l’éternel problème du foncier rural. Ces problèmes sont extrêmement importants pour la vie de notre nation.

Sans nier l’existence de ces maux qui minent notre pays, nous estimons que la responsabilité est mal orientée. En effet, l’implication possible de nos frères de la sous-région dans la survenue de ces problèmes, ne fait pas d’eux les uniques responsables de cette situation. Hormis l’immigration illégale, tous les problèmes évoqués sont également le fait de beaucoup de nos compatriotes à cause d’un système étatique défaillant ou complice.

Dès lors, il importe d’orienter le débat, sur la responsabilité de l’Etat, et des institutions, de notre pays ainsi que sur celle du citoyen lambda dans la survenue de ces problèmes.

Pour ce fait, nous proposons la mise sur pied d’une cellule d’enquête indépendante constituée :

- D’un député par groupe parlementaire

- D’un représentant d’organisation de droits de l’homme

- D’un représentant de la chambre des rois et chefs traditionnels
- D’un représentant crédible de la société civile
Cette cellule aura pour mission de situer avec objectivité la responsabilité de chaque composante de la nation ivoirienne dans cette situation et de proposer des pistes de réflexions pour en sortir.
Par ailleurs, nous demandons à l’ensemble de nos compatriotes de ne pas nourrir la peur ou la haine de l’étranger et salue tous les efforts de nos frères africains qui contribuent au développement de la cote d’ivoire.
Aussi, nous tenons à préciser que nombreux sont les étrangers qui restent attacher à leurs patries et qui en portent fièrement la nationalité. Du reste, la volonté pour un étranger d’obtenir la nationalité de sa terre d’accueil n’est pas exclusive à la Côte d’Ivoire et demeure un droit universellement reconnu ; mais cela doit se faire dans le respect des textes en vigueur.
En sus, nous demandons à nos frères africains de s’éloigner de toutes actions qui pourraient mettre à mal le vivre ensemble qu’on a toujours entretenu.
À la classe politique ivoirienne, nous demandons de faire preuve de plus de sagesse dans le traitement de sujets aussi sensibles et de taire toute volonté de manipulation des populations sur la question identitaire à des fins électoralistes comme ce fut le cas en 1990 avec l’instauration de la carte de séjour, en 1995 avec la naturalisation des villages de Garango, Koudougou ,Koupela ,Tenkodogo et en 2000-2010 avec le débat sur la nationalité.

Vive l’Afrique

ASSI FULGENCE ASSI