APF : Duel Soro et Amadou Soumahoro, ce que risque la Côte d’Ivoire

Soro et  Soumahoro se livrent une bataille sans merci pour la présidence de l'APF
Par Jean Kelly Kouassi
Publié le 17 juin 2019 à 14:12 | mis à jour le 17 juin 2019 à 14:13

Les contradictions observées dans les communiqués produits aussi bien par le camp Guillaume Soro que celui de la délégation ivoirienne à la 27ème Assemblée régionale Afrique de l’assemblée parlementaire de la francophonie suscitent de réelles interrogations à propos de ce qu'il s’est réellement passé les 14 et 15 juin dernier à Rabat au Maroc.

Duel Soro-Amadou Soumahoro, que s’est-il réellement passé ?

La guerre entre le camp Soro et celui du président actuel du Parlement Ivoirien pour le poste de premier vice-président du bureau de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie qui a eu lieu récemment dans le royaume chérifien a donné une piètre image de la Côte d’Ivoire à l’International. Aussi paradoxal que cela puisse paraître, la Côte d’Ivoire a été la seule nation à présenter aux assises de Rabat, deux sections différentes à cette 27é Assemblée régionale Afrique de cette institution internationale.

Des communiqués présentés par les deux camps à l’issue de ces assises ressortent de réelles contradictions sur ce qu'il s’est réellement passé. Alors que Guillaume Soro prétend avoir volontairement renoncé à la coprésidence de l’Assemblée Régionale Afrique pour, dit-il, éviter le blocage des travaux et un incident diplomatique, Amadou Soumahoro et son camp révèleront que l’ex-président du Parlement a été tout simplement éconduit par les forces de sécurité marocaines, au motif que ce dernier ne serait plus membre de la section ivoirienne de l’APF.

« Au regard des dispositions précitées, il est prétentieux d’affirmer de la part de l’ex-Président de l’Assemblée nationale de la Côte d’Ivoire, M. SORO Guillaume, qu’il aurait renoncé à une prétendue coprésidence pour éviter un blocage des travaux et un incident diplomatique », rétorque pour sa part le camp Soumahoro. La délégation officielle du parlement ivoirien ajoutera que conformément aux textes de l’institution que « Face à son entêtement et en raison de son inconduite qui ont indisposé les autorités marocaines, il (Ndrl Guillaume Soro ) a été éconduit par les services de la police marocaine. N’étant plus membre de la section nationale ivoirienne de l’APF, il lui a été signifié qu’il ne pouvait plus prétendre à des postes de responsabilité au sein de l’APF

Pour autant, Guillaume Soro conserve son poste de premier vice-président de l’APF, du moins jusqu’aux prochaines élections qui auront lieu, en juillet prochain, et la délégation ivoirienne s’est vue contrainte de reporter sine die sa volonté de ravir à Soro ce poste qu’il occupe depuis 7 ans. Même si le député Ferkéssedougou n’a pu prendre part aux travaux de ces assises, le député Fofana Bassatigui, chargé de mission Afrique de l’institution, qui était sur la liste de Guillaume Soro et non sur celle d’Amadou Soumahoro, était officiellement présent à la table de séance des travaux sur proposition de l’ex-Pan.

Présidence de l’APF : Les chances de la Côte d’Ivoire s’amenuisent

Sauf changement de date, l’APF conduit ce lundi une mission de vérification de la situation à l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire. Nul doute que le Bureau du parlement Ivoirien depuis l’accession de Tchomba à la tête de l’institution n’est composé que de militants de son parti, le Rhdp. Les députés membres de l’opposition parlementaire qui dénoncent des violations récurrentes des textes du Parlement ayant refusé d’y siéger.


Une situation qui présente un visage monocolore du bureau du Parlement. Ce qui est contraire au fonctionnement des parlements modernes. Cette situation indigne d'un pays démocrate pourrait conduire les autorités politiques de l’APF à délocaliser le rendez-vous d’Abidjan.

Outre cette éventualité, le bras de fer Soro entre Amadou Soumahoro qui a également été reporté début juillet au rendez-vous d'Abidjan, pourrait également contribuer à amenuiser les chances de la Côte d'Ivoire d’accéder au fauteuil tant convoité de la présidence de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie.