Chassé du Burkina, voici ceux qui ont sauvé Blaise Compaoré en 2014

Blaise Compaoré, ex chef d’Etat burkinabé
Par David Yala
Publié le 19 juin 2019 à 12:10 | mis à jour le 19 juin 2019 à 12:10

Chassé du pouvoir par la rue en octobre 2014, Blaise Compaoré, ex-chef d’État burkinabé, vit en exil en Côte d’Ivoire depuis maintenant cinq ans. Retour sur les hommes qui ont exfiltré l'ex-chef de l'État burkinabé du braisier allumé par son projet de se maintenir au pouvoir.

Révélations sur l’exfiltration de Blaise Compaoré du Burkina Faso vers la Côte d’Ivoire

On en sait un peu plus sur l’arrivée à Abidjan de Blaise Compaoré après avoir été chassé du pouvoir par la rue au Burkina Faso. Dans une interview accordée à Jeune afrique, Isaac Zida, ancien patron du gouvernement de transition qui a suivi son départ du pouvoir, revient sur les moments forts de la chute de Blaise Compaoré.

« J’ai été soulagé. Un carnage avait été évité. J’ai longtemps été attaché au service du Président Compaoré. Il m’a confié des missions personnelles, et j’ai eu beaucoup d’estime pour lui. Mais son pouvoir s’est usé avec le temps. Après les mutineries de 2011, j’ai cherché à le mettre en garde, mais il n’a jamais pris ça au sérieux. J’ai senti que les choses commençaient à lui échapper », se souvient Isaac Zida. Interrogé sur les conditions dans lesquelles il s’est retrouvé à la tête du Burkina Faso, juste après le départ de Blaise Compaoré. Isaac Zida confie qu’en tant que chef de corps adjoint du RSP à l’époque, il se devait de s’investir dans le règlement de la situation.

« J’ai informé le général Diendéré (…), mais il n’a rien voulu décider ni assumer. Le lendemain, je suis retourné à l’état major pour essayer de trouver une solution. J’y ai trouvé les chefs militaires, des responsables de la société civile et une foule immense. J’ai appelé Diendéré pour lui dire que les manifestants menacent de monter sur Kosyam et qu’il fallait que le président Blaise Compaoré démissionne en urgence. J’ai directement piloté son départ depuis l’état major.

Le chef de sa sécurité rapprochée voulait qu’il se replie sur Ziniaré, mais moi, j’ai insisté pour que le convoi ne traverse pas la ville et qu’il quitte Ouagadougou par le sud pour rejoindre Pô. Les choses ont vite dégénéré, et plus aucune localité ne semblait sûre pour le président Compaoré. C’est à ce moment-là que les Français sont intervenus pour l’exfiltrer en Côte d’Ivoire », a-t-il relaté.



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