Elections : Les vérités de Richard Keith Bell, ambassadeur américain

L'ambassadeur américain, S.E Richard Keith Bell a  été reçu par Bédié, hier.
Par Jean Kelly Kouassi
Publié le 26 novembre 2019 à 14:56 | mis à jour le 26 novembre 2019 à 14:56

Lundi 25 novembre 2019, l’ambassadeur américain, Richard Keith Bell, était l’hôte d' Henri Konan Bédié, président du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI). Au menu des échanges entre les deux personnalités, la crédibilité du processus électoral en cours en Côte d’Ivoire, une question qui l’on sait divise profondément pouvoir et opposition à mois d'un an de la tenue du prochain scrutin présidentiel.

La question du processus électoral au centre des échanges entre Bédié et Richard Keith Bell

À sa sortie d’audience, le diplomate américain a réitéré la volonté des États-Unis et de l’ensemble de la communauté internationale d'accompagner et d'aider la Côte d’Ivoire à réussir le pari de l’organisation d’ élections libres, transparentes et équitables. Le rôle de la communauté internationale, a-t-il fait savoir, est "d'accompagner et d'aider" et non "d'imposer" ses choix.

Il appartient donc, selon S.E Richard Keith Bell, aux différentes parties (pouvoir et opposition) de s’accorder sur une formule acceptable pour tous, ce qui garantirait l'adhésion de toutes les parties au processus électoral en cours. "Et cela est encore possible à quelque 11 mois des prochaines échéances électorales", croit savoir Richard Keith Bell. « Le rôle des amis internationaux sera d’accompagner et d’aider et non pas d’imposer », a précisé le représentant du président Donald Trump. L’idée de la conduite d’un processus électoral crédible, transparent, libre et équitable en Côte d’Ivoire, faut-il le rappeler, préoccupe vivement l’ensemble de la communauté nationale et internationale.

Opposition et pouvoir en place éprouvent de réelles difficultés à trouver un consensus au niveau de la composition de la Commission électorale indépendante, l’organe en charge de la conduite de l’ensemble du processus électoral. Aucun membre des formations politiques de l’opposition politique ivoirienne dite significative n'y figure. En l'occurrence, le PDCI-RDA d’Henri Konan Bédié, le Front populaire ivoirien de Laurent Gbagbo ou encore les représentants des formations politiques membres de la galaxie Soroïtes. Tous dénoncent une CEI confligène et largement inféodée au pouvoir du président Alassane Ouattara. Ce qui fera dire à Guillaume Soro, candidat au prochain scrutin présidentiel, que cette CEI, « brûlera », à nouveau la Côte d’Ivoire.

La crédibilité de la CEI


La crédibilité de la Commission électorale indépendante est jugée cruciale en vue de l’organisation d’élection apaisée prévue pour le mois d’octobre 2020. Les mêmes causes produisant toujours les mêmes effets comme le dit l’adage, il appartient aux différents protagonistes du marigot politique ivoirien de jeter le regard 10 ans en arrière pour se remémorer les désastres de la grave crise postélectorale qu’a connue la Côte d’Ivoire entre 2010 et 2011. Cette crise avait fait plus de 3 000 morts et d’importants dégâts matériels, selon le bilan officiel des Nations Unies. La CEI adoptée en juillet 2019 est composée de 15 membres dont 11 parmi eux seraient favorables au régime d’Abidjan, à en croire l’opposition, qui prévoit un grand meeting de protestation ce mois de décembre.




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