Exclusif : Guillaume Soro raconte comment son avion a été dérouté

Guillaume Soro raconte comment son avion a été dérouté
Par David Yala
Publié le 29 décembre 2019 à 08:52 | mis à jour le 29 décembre 2019 à 08:52

Guillaume Soro a été empêché de rentrer en Côte d’Ivoire le lundi 23 décembre 2019, alors qu'il revenait à Abidjan après plus de six mois passés en Europe.

Guillaume Soro revient sur les circonstances de son retour manqué en Côte d’Ivoire

Que s'est-il passé lors du retour avorté de Guillaume Soro en Côte d'Ivoire? Le Journal du dimanche(JDD) a rencontré l'ancien président de l'Assemblée nationale à Paris pour évoquer la question.

Il ressort des explications de Soro que le lundi 23 décembre, le pilote conduisant l'avion, est arrivé dans la cabine après qu’une tour de contrôle au Niger ­venait de l'avertir qu'il était périlleux d'atterrir à l'aéroport ­d'Abidjan où il y avait un déploiement ­anormal de forces de l'ordre.

"J'ai insisté, mais le pilote m'a répondu "pas question!", d'autant qu'un assaut contre l'appareil était ­possible", relate-t-il, indiquant qu'il rentrait au pays pour lancer sa campagne présidentielle.

Revenant sur le premier report de son retour du 21 au 23 décembre, Guillaume Soro dit avoir été contacté par un opérateur économique haut placé dans la sphère du président Alassane Ouattara, le sieur Pierre Fakhoury.

"Le 22 décembre, je devais effectivement me rendre à Abidjan. Mais j'ai été contacté par une personne qui souhaitait que le voyage n'interfère pas avec la visite d'Emmanuel Macron en Côte d'Ivoire", fait-il remarquer.

Ajoutant n'avoir jamais eu de conversation avec le président Ouattara à ce sujet. D'ailleurs, sur son retour manqué, Guillaume Soro s'étonne que le président français, Emmanuel Macron, en visite en Côte d’Ivoire à cette période, n'ait pas appelé son homologue ivoirien à respecter les principes démocratiques.


"Je suis quand même surpris : le ­président ­français s'est rendu en Côte d'Ivoire, y a fêté son anniversaire mais il n'a pas eu la capacité de dire à ses hôtes qu'il était important de respecter la démocratie en Afrique", déclare-t-il.

Puis d'ajouter, visiblement déçu, qu'il espérait "qu'un président comme lui ait davantage de courage et de maturité pour le faire".






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